Closer, Hollande et les communistes

Publié le 19 Janvier 2014

Closer, Hollande et les communistes

Billet Rouge du PRCF, par Aris

Soyons clairs, il ne s’agit pas pour nous de se prononcer sur une affaire privée qui ne concerne que des personnes privées. Chacun mène sa vie comme il veut ou comme il peut et le plus loin possible du prétendu ordre moral.

Cependant lorsqu’une affaire privée touche le Président de la République ou quelque autre haut responsable, il est légitime de s’interroger sur le sens du fait divers.

Sans hystérie, avec un minimum de décence, il n’est pas interdit de s’interroger donc sur la signification de tell ou tel micro-événement aux yeux des citoyens.

D’abord comment "l’affaire" vient aux oreilles ou aux yeux des Français ? Par l’intermédiaire de la presse dite "people" c’est-à-dire la presse à scandale. Quelle est cette chose? Un moyen pour des capitalistes de faire du fric en exploitant ce que nous conviendrons d’appeler la part la moins reluisante de ce à quoi réduit nos contemporains dans une société basée sur l’exploitation de tout et l’argent : des pauvres achètent des journaux pour savoir comment vivent les riches. Et ce torchon vend chaque semaine 3.500.000 exemplaires (signalons qu’il est deux fois plus subventionné par l’Etat que Le Monde diplo, sans parler d’Initiative communiste qui ne reçoit rien – tant mieux d’ailleurs ! – de l’Etat en question)….Mais il y a plus intéressant : à qui appartient Mondadori la société qui publie Closer ? Au groupe italien Finivest…ça vous revient? A Silvio Berlusconi, grand amateur de jeunes filles prostituées.

Première leçon: un "journal" de caniveau, doté d’un titre en anglais (il faut ce qu’il faut pour faire branché aux yeux des gogos) conçu pour uniquement faire des profits, sans autre contenu que celui des poubelles et tenu par celui qui était il y a quelques mois encore le maître des destinées d’un beau et grand pays de culture et de combat émancipateur comme l’Italie, sème la pagaille au royaume de France. Comme quoi les dynamiques systémiques ont parfois d’étranges conséquences…

Ensuite comment cette "affaire" peut-elle être perçue? On pourrait reprendre l’ image d’un commentateur : celle du Titanic. La France serait le Titanic : elle sombre sous les coups de l’iceberg Union Européenne-euro-capitalisme, les soutes où vivent les classes populaires sont déjà submergées, beaucoup sont noyés dans le flot du chômage et de la misère, à l’étage au dessus les classes moyennes ont de l’eau jusqu’aux épaules et s’enfoncent, enfin reste le pont où beaux messieurs et belles dames de "la haute" continuent à s’amuser, à s’empiffrer, à se gaver dans une orgie qu’ils croient sans fin.

Deuxième leçon: comment ne pas comprendre que de tels événements créent, contribuent à créer une atmosphère politique délétère qui accompagne toujours les fins. Fin de règne, fin de système, fin de civilisation. Mais au profit de quoi? Telle est la question politique urgente et centrale de l’heure et il est minuit moins cinq. Comme l’écrivait le grand intellectuel marxiste qu’était Antonio Gramsci : "l’ancien se meurt et le nouveau ne peut pas naître, on voit alors se développer des formes inquiétantes, des symptômes morbides".

Enfin un mot de ce que Robespierre appelait la vertu. Laissons lui la parole :
« Nous voulons substituer, dans notre pays, la morale à l’égoïsme, la probité aux honneurs, les principes aux usages, les devoirs aux bienséances, l’empire de la raison à la tyrannie de la mode, le mépris du vice au mépris du malheur, la fierté à l’insolence, la grandeur d’âme à la vanité, l’amour de la gloire à l’amour de l’argent, les bonnes gens à la bonne compagnie, le mérite à l’intrigue, le génie au bel esprit, la vérité à l’éclat… c’est à dire toutes les vertus et tous les miracles de la République… » ou encore « … La première règle de votre conduite politique doit être de rapporter toutes vos opérations au maintien de l’égalité et au développement de la vertu. Ainsi, tout ce qui tend à exciter l’amour de la patrie, à purifier les mœurs, à élever les âmes, à diriger les passions du coeur humain vers l’intérêt public, doit être adopté ou établi par vous ».

Certes nul ne s’attendait, hormis quelques naïfs, à ce que "la fraise des bois", comme Fabius appelait aimablement Hollande, se comporte comme un Robespierre. Mais on aurait pu croire qu’après le bling-bling obscène et vulgaire d’un Sarkozy, une certaine décence serait recherchée à la tête de l’Etat. Même ce souhait était de trop :

« sous le règne despotique, tout est petit, tout est mesquin, la sphère des vices comme celle des vertus est étroite », déclarait encore Robespierre. Le personnel politique de la bourgeoisie est à l’image du système capitaliste lui-même: corrompu, pourrissant, médiocre, veule et lâche.

Troisième leçon : « … Pour aimer la justice et l’égalité, le peuple n’a pas besoin d’une grande vertu ; il lui suffit de s’aimer lui-même ». Alors, puisse notre peuple se souvenir des paroles de l’ Incorruptible Maximilien. Puisse notre peuple rejeter les faux-prophètes, les imposteurs, les escrocs et les fachos.Puisse notre peuple s’unir et s’organiser dans un combat politique, pour un large front progressiste et patriotique, révolutionnaire et internationaliste. Puisse notre peuple reconstruire un vrai Parti communiste, pleinement de son temps et pleinement héritier de sa glorieuse histoire, glaive et bouclier contre un capitalisme déchaîné.

Voilà comment on passe de Feydeau à Marx et d’un fait divers à la décision de rejoindre le combat pour une France libre, heureuse et prospère.

ARIS

Rédigé par PRCF 38

Publié dans #France

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