NPA : le trotskisme chic

Publié le 10 Février 2014

NPA : le trotskisme chic

Le NPA est un chou-chou des médias bourgeois et spécialement, du plus bobo d'entre eux, Canal+.

Olivier (Besancenot) et Alain (Krivine) sont reçus assez souvent et assez obligeamment sur les plateaux des télés et les radios.

Étrange lorsqu'on sait l'ostracisme qui vise les militants révolutionnaires... à moins que, justement, les porte-paroles du NPA ne soient pas des révolutionnaires. Jugeons sur pièce.

Syrie : pas d'anti-impérialisme pour le NPA. Et du coup une position hors sol, hors réalité, hors rapports de forces, hors géopolitique régionale et internationale : « à bas Bachar ! à bas les islamistes ! vivent les révolutionnaires syriens ! ». Comme si, dans la réalité, les islamistes barbares financés par les services secrets français, américains et qataris, n’étaient pas la SEULE alternative concrète !

Trop occupé à coller aux petits-bourgeois qui en constituent l'ossature sociale et idéologique, le NPA prend des poses qui lui permettent, croit-il, de surfer sur les mensonges des médias bourgeois qu'il prend pour argent comptant et de garder les mains propres en refusant d'intégrer le front anti-impérialiste dans son positionnement et en soutenant une composante syrienne qui...n'existe pas. En effet les vrais révolutionnaires syriens, notamment le PC syrien, combattent contre la destruction de leur pays par les terroristes islamistes financés et armés par le Qatar et l'Arabie Saoudite (donc par les USA et l'UE) et ils forment un front patriotique avec le régime bourgeois semi-laïque de Bachar el-Assad. Ils ne sont pas dans la soi-disant opposition "démocratique", en fait un ramassis d'agents des impérialistes.

Le NPA aux mains propres et aux idées courtes. Mais comme cela est bien vu dans les salons bourgeois où entre deux toasts au caviar on s'extasie devant le talent d'Olivier ou la fidélité sans faille de Krivine à... l'opportunisme le plus durable. Guevariste d'AG, quand il fallait l'être, entriste à l'UEC, « communiste-révolutionnaire » quand le PCF était idéologiquement hégémonique à gauche, « anticapitaliste » seulement après la mutation réformiste du PCF, trotskiste toujours pour ne pas être confondu avec la plèbe vulgairement communiste (mais Trotski eut il accepté de répudier la dictature du prolétariat comme l’a fait le NPA ?), Krivine symbolise les errements d'un opportunisme de droite qui se pare d’oripeaux gauchistes.

Sotchi: Krivine, encore lui désolé, invité (très souvent) sur France Culture, hurle avec les loups du Monde et du Figaro contre le « dictateur Poutine », dénonce la corruption, soutient sans distance les « Pussy Riot », et éructe contre « les mœurs staliniennes » de retour. Le Zorro du Café de Flore voit-il que la campagne de guerre froide antirusse et antisoviétique (à retardement... faut croire que l'URSS leur fait encore peur !) est orchestrée par les impérialistes des USA et de l'UE ? Ne voit-il pas que Poutine et la bourgeoisie russe ont des contradictions potentiellement explosives avec l'impérialisme ? Ne voit-il pas ce qui se passe en Ukraine où un front, qui va des nazis aux européistes, tente, avec le soutien actif de l'UE et des États-Unis, de plonger ce pays dans la guerre civile pour affaiblir la Russie et renforcer les positions de l'impérialisme qui, par exemple, n'a pas supporté le soutien de la Russie à la Syrie qui a permis d'arrêter le bras belliciste des impérialistes français, anglais et américains ? Ne voit-il pas que les « Pussy Riots », dont il tente de faire des héroïnes, n'ont pas grand-chose à voir avec la lutte des classes même si une peine de prison contre elles était franchement ridicule... Ceci, dit du haut de notre propre justice « démocratique » qui condamne davantage un abruti qui bat son chat qu'un criminel qui bat sa femme.

Conclusion de Krivine, tête « pensante » du NPA, "au secours le stalinisme est de retour!"

« Faut-il pleurer, faut-il en rire » disait le poète. Quand le réflexe conditionné remplace la pensée rationnelle et critique on arrive très vite au degré zéro de la réflexion. Merci au NPA de nous le rappeler. Enfin, il est très utile pour les états-majors syndicaux réformistes de disposer d’une « extrême gauche » euro-béate et pseudo- « internationaliste », comme l’est le NPA. En effet, quand, dans une AG syndicale de lutte, certains syndicalistes de classe stigmatisent les directives européennes et les critères d’austérité de Maastricht, il y a souvent un militant NPA de service pour crier opportunément au « nationalisme » et pour dénoncer le risque de « repli national »… c’est-à-dire pour épargner l’ UE du capital, le chef d’orchestre supranational des attaques antisociales !

Bref, si l’ « extrême gauche » NPA n’existait pas, il faudrait l’inventer. Mais au service de quelle classe sociale ?

ARIS 9 Février 2014

Rédigé par PRCF 38

Publié dans #France

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Ludovic 20/02/2014 08:19

Chers camarades
C’est une bien curieuse façon d’entamer un débat sur le Trotskysme avec le recyclage des vieux anathèmes au sens religieux et dogmatique du terme, comme si ces vieux poncifs n’avait pas pris un sérieux gros coup de vieux avec l’effondrement de l’UR « SS ».
Mettons de côté la vision policière de l’histoire et les complots des médias. Pour les insultes « manger du caviar au café du Flore » est quand même moins grave que d’être traité d' « Hitlero-Trotskyste » !
Le trotskysme est juste une création du stalinisme.
Plus sérieusement, la détermination d’un courant trotskyste ne peut se définir autrement que comme une radicale opposition de gauche à : l’écrasement des soviets, la bureaucratisation du parti bolchévik et sa forme la plus dégénérée et la plus perverse, Le stalinisme.
Il serait plus pertinent et plus politique d’analyser l’échec de toute l’opposition de gauche à sauver le soviets contre leur contrôle bureaucratique par le parti bolchévik. Trotsky a hésité et trop tardé à prendre la direction de cette opposition de gauche, contre la bureaucratisation du jeune état soviétique et de l’appareil du parti bolchévik sur fond d’échec de la révolution allemande et d’affirmation du dogme de « la construction du socialisme dans un seul pays ».
Ce sont les bases sociales et les conditions politiques et historique de ce « révisionnisme » du marxisme léniniste qu’il faut analyser, sans la focalisation sur un soit disant « trotskysme » même si l’immense talent et travail théorique de Trotsky reste fondamental.
Comme la révolution française, la révolution russe a subi son effroyable « Thermidor » contre révolutionnaire avec la restauration par l’ultra violence d’une nouvelle nomenklatura.
Sur les 1996 membres du parti qui assistèrent au XIIème congrès du parti bolchévik de janvier/février 34, 1108 furent arrêtés et environ les deux tiers d'entre eux furent exécutés. Sur 139 titulaires et suppléants élus au comité central par le « Congrès des condamnés », 98 sont arrêtés et presque tous exécutés. Les autres vieux bolchéviks, opposants de gauche, anarchistes, plongés dans la terreur, torturés, déportés, assassinés, avec la cohorte des suicidés et des exilés.
Au delà de la figure grand guignolesque d’un Staline qui a symbolisé par sa brutalité perverse cette contre révolution, il faut en interroger les effroyables ressorts qui ont perverti le mot même de « communiste » aux yeux des masses du monde entier.
Dans cette phase thermidorienne, avec des spécificités sur lesquelles, il y aurait beaucoup à dire, la défense de la « patrie du socialisme » s’est muée en la défense de l’Etat prétendu « soviétique » et finalement à la défense des intérêts matériels de sa caste dirigeante et finalement le passage d’un capitalisme russe arriéré à un capitaliste d’état modernisé par la dictature et la sur-exploitation de masses immenses. La chine a suivit la même voie.
Après guerre, suit le partage du monde la « doctrine » d’Andreï Jdanov présentée en 1947 :
« Une tâche particulière incombe aux partis communistes frères de France, d'Italie, d'An­gleterre et des autres pays. Ils doivent prendre en main le drapeau de la défense nationale et de la souveraineté de leurs propres pays. »
Le mot important est « national » qui implique la soumission des intérêts la classe ouvrière à « l’intérêt national » considéré comme supérieur, car par nature anti-impérialisme et favorable à l’UR »SS ».
Les algériens et les travailleurs des colonies françaises ont bien cher payé la soit-disant politique « indépendante » de la France coloniale soutenue par le PCF.
La fonction des PC, grec, yougoslave, français, italien n’était plus la révolution prolétarienne mais la reconstruction du capitalisme national par la collaboration de classe, pour seulement influencer la politique extérieure des bourgeoisies nationales dans un sens favorable aux intérêts de l’UR « SS ».
Les parti frères devaient attendre, l’arme au pied, le triomphe du « socialisme réel » et collaborer avec leurs bourgeoisies nationales ou les « mouvements démocratiques et progressistes».
Le bon camp, c’est donc toujours celui des « alliés » du « bloc dit communiste » ceux qui ne respectent pas cette séparation en deux camps sont des sociaux-traîtres et des complices ou des alliés objectifs de l’impérialisme. (voir la Politique du PC allemand à l’égard des sociaux-démocrates avant la guerre ou la dénonciation de Tito après, voir l’Ukraine).
C’est cette politique catastrophique, dénoncée en son temps par l’opposition de gauche et par Trotsky qu’il s’agit d’interroger en d’autres termes aujourd’hui puisque cette politique a conduit à l’effondrement du bloc dit soviétique.
Car cette « coexistence pacifique » par la collaboration de classe a été bien utile à l’impérialisme américain mais aussi à tous les autres impérialismes dont le Russe, mais aussi Français, Turc, Libyen, Iranien, etc. Les rivalités inter impérialistes existent, elles se perpétuent, elles prennent parfois de violents aspects comme l’histoire l’ a montré mais soutenir un impérialiste contre un autre est du point de vue des intérêts des travailleurs une aberration.
Alors des « rouges/bruns » d’aujourd’hui s’alignent sur des positions réformistes-nationalistes inter-classistes formellement contre « l’empire » plutôt qu’anti impérialistes, quoi de plus normal : Les dictateurs, Assad, Ahmadinejad, Poutine peuvent sans doute être des alliés pour l’émancipation de leurs peuples. Et l’on constate sans étonnement les ponts qui se construisent entre le Front National et Poutine. Aymeric Chauprade éminence grise de Marine Le Pen en matière de géo-politique, lance devant la Douma, le Parlement russe, en juin dernier son « appel de Moscou » pour soutenir « les efforts de la Russie visant à résister à l’extension mondiale voulue par l’Occident des “droits” des minorités sexuelles ». Trois mois plus tard, il est l’invité du Club Valdaï, forum international sous l’égide de Poutine qui y a prôné un retour aux valeurs chrétiennes.
La reproduction mimétique des « camps » d’avant la chute du mur est pathétique.

Cette tradition politique se décline avec une nouvelle actualité : La défense de la production et de l’industrie capitaliste nationale, de la productivité, de la croissance du PIB, du souverainisme y compris monétaire, du protectionnisme. C’est le rêve de sauver le capitalisme et les capitalistes nationaux par un retour au capitalisme d’avant la guerre 14, comme si, ses contradictions d’alors et la recherche nécessaire de nouveaux marchés n’avait pas pousser aux guerres : guerres du prix de la main d’œuvre, guerres de la dévaluation et des monnaies, guerres tout cours …
Viktor Ianoukovitch est le représentant d’une oligarchie parasite, ultra corrompue et totalement dégénérée. Ce serait l’absence de révolte qui seraient surprenante, pas la révolte qui faut soutenir ici comme ailleurs contre les soldatesques fascistes.
Quand donc le PCF est-il devenue réformistes ?
En 1934 lorsqu’il se soumet à Daladier ,
En 1945, quand sous les ordres de Staline, Thorez lance la reconstruction du capitalisme français, impose la ré-installation des patrons collabos, brise les grèves « armes des trusts », et échange la conquête du pouvoir contre le papier intitulé programme de CNR ?
En cassant le mouvement de 68 ?
En signant le programme commun ?
Ou plus tard encore ?
Salutations communistes révolutionnaires

Félix 28/02/2014 15:41

Que de confusion chère Brigitte !
Pourquoi tant de haine ? Aucune haine de notre côté, juste le constat de la grande capacité de nuisance du trotskisme de ses origines à nos jours : de la Russie révolutionnaire à la Guerre d'Espagne, de son opposition aux Fronts populaires antifascistes à son nihilisme national, à son attitude "ambiguë durant l'occupation fasciste. Bref toujours du mauvais côté.
Le PC doit balayer devant sa porte dis tu. Oui d'autant que pour nous, militants communistes du PRCF, le PCF-PGE n'est plus communiste !
Le parti doit renaître, c'est notre objectif et nous avons besoin de tous les militants sincères pour y parvenir, tu y seras la bienvenue.

Brigitte 21/02/2014 09:59

Pourquoi tant de haine, Félix ?...serai-je tentée de penser. Je n'ai pas d'argumentaire historique à fournir, Ludovic s'en charge à merveille..je suis une militante anticapitaliste de base, ici et maintenant, élément du prolétariat, préoccupée de manière concrète et pragmatique de faire partie de ces anonymes qui aideront à impulser une dynamique de réels changements, osons le mot, révolutionnaires, dans une société mondialisée qui à terme nous condamne et condamne, pire encore les qualités d'existence des enfants qui grandissent, ici et partout et maintenant. Je ne partage pas les analyses que l'on entend du NPA sur la révolte ukrainienne. Je ne remets pas pour autant en cause l'essentiel et d'une manière globale l'outil politique qu'est ce parti. Et je pense également qu'il est plus constructif comme on dit, de balayer devant sa porte... et le parti communiste à fort à faire en matière de cohérence, plutôt que de baver sur le seul parti en France qui offre une alternative aux désastres humains et écologiques en cours.Salutations communistes révolutionnaires.

Félix 20/02/2014 12:19

Les abominables "staliniens" laissent les trotskistes anti-communistes et anti-soviétiques s'exprimer.
Car quoi de plus politiquement révulsif, historiquement pervers et donc éclairant que de lire ces gens-là?...."

Ludovic 17/02/2014 19:09

Chers camarades !
Auriez-vous à ce point peur des "trotskystes" pour vous vous laisser aller à cette charge aussi simpliste, "campiste" pour être précis : il n'y a qu'un seul impérialisme et un seul camp des "progressistes" qui s'oppose à lui et qu'il faut soutenir ... Et puis ce déversement d'insultes rances n'enrichit pas le propos qui, me semble-t-il mériterait d'autres arguments. Je ne vais pas me fatiguer à écrire une réponse qui pourrait être simplement censurée ... Mais chiche pour un droit de réponse avec texte de réponse de même longueur, non censurable, je suis partant, et vous ?
Voyons si le poids des gravats du mûr qui pèse sur vos épaules réussira à vous ouvrira à un débat avec un autre courant du mouvement ouvrier ? Sinon pourquoi en parler !
A bientôt ...
Ludovic