Non, camarade Mélenchon !

Publié le 1 Avril 2014

Non, camarade Mélenchon !

Non, Jean-Luc Mélenchon se trompe : les résultats des élections municipales ne sont pas un « désastre pour la gauche ».

C'est un désastre pour le PS. Et jusqu'à nouvel ordre le PS n'est pas de gauche.

Non que nous confondions une partie de la base de masse du PS avec une partie de celle de l'UMP, la preuve : la partie populaire de cette base s'est abstenue.

Mais, en revanche, le PS, son appareil, sa direction, ses cadres, ses élus, ne sont pas de gauche.

Le PS n'est même plus un parti de militants, c'est un parti clientéliste composé, pour une très large part, de personnes travaillant pour le PS d'une manière ou d'une autre (cadres et employés des collectivités territoriales et des organisations « sociales » satellites…).

La mutation n'est pas une exclusivité du PCF. Le PS a aussi muté de la social-démocratie classique au social-libéralisme, se transformant de gérant loyal du capitalisme, ce qu'il est depuis 1914, en parti du capital. Une véritable osmose s'est réalisée entre le personnel politique du PS et les classes possédantes/dirigeantes.

On retrouve ce personnel dans les conseils d'administration des grands groupes, on le voit servir le grand capital dans les institutions internationales du capital (FMI, OMC, UE...), on le voit même dans une fraction de l'électorat du PS qui appartient aux classes privilégiées comme à Paris, Dijon, Lyon, etc.

Et, le dernier mais non le moindre, le contenu de classe de sa politique est résolument de droite, c'est-à-dire conforme aux intérêts du grand capital. Et ce ne sont pas les miettes jetés au travail pour assurer la paix sociale ou les résultats des luttes acharnées des travailleurs qui changent fondamentalement cette donne incontournable. Sans parler ici de l'européisme fanatique du PS qui a mené le parti-frère du PS en Grèce, le PASOK, à sa décimation politique.

Ce qui ne veut pas dire que la vraie gauche ne peut pas faire preuve d'intelligence tactique et choisir son adversaire principal dans certaines circonstances qu’il faut juger au cas par cas.

Si nous ne voulons pas donner prise au « ni gauche, ni droite » de l'extrême-droite, soyons soucieux d'appeler un chat, un chat, la droite, la droite et de garder le qualificatif de gauche à la gauche. Ce qui exclue le Parti Solférinien. Non ?

Rédigé par PRCF 38

Publié dans #France

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