Nous sommes tous Grecs ! Eimaste oloi Ellines !

Publié le 7 Février 2015

Nous sommes tous Grecs ! Eimaste oloi Ellines !

Le PRCF appelle les forces progressistes de France à dénoncer le diktat de la Troïka et soutenir la résistance des travailleurs et du peuple grec.

Coupant court à toute renégociation sur la dette grecque – bien illusoire, tant l’UE atlantique est de nature diKtatoriale – la B.C.E. vient de lancer un ultimatum au peuple grec : elle somme le gouvernement nouvellement élu d’appliquer à la lettre les directives mortifères de la Troïka, donc de s’humilier publiquement en reconnaissant que le suffrage universel ne sert à rien ! – ou de faire officiellement banqueroute (lire par exemple l’analyse technico-financière de Martine Orange : Grèce : la BCE lance un coup d’Etat financier). La lutte entre le Goliath euro-capitaliste et le David grec frondeur est engagée, le peuple français ne saurait être neutre ou indifférent. Souvenons-nous des appels de Victor Hugo à soutenir la lutte des Grecs contre l’Empire ottoman (le poème L’Enfant grec dans Les Orientales), soyons solidaires d’un peuple qui a tant apporté au monde et à la France, d’un pays qui, par ses propres forces, a ébranlé la domination fasciste, et surtout, ne soyons pas solidaires de « nos » banquiers usuriers qui sont ceux qui nous exploitent, qui nous humilient et qui nous oppriment ici !

Le but n’est pas seulement de sauver à tout prix le maudit euro, quitte à écraser les peuples, leurs acquis et leur souveraineté nationale, oui, nationale, et pas seulement populaire, comme disent certains « révolutionnaires » qui tremblent d’appeler un chat un chat, le but est politique, voire géopolitique : empêcher l’insurrection populaire qui monte en Europe contre les politiques d’austérité, contre la diKtature arrogante de Berlin et de ses minables suiveurs « français » et « socialistes », stopper la contagion grecque qui pourrait par la suite, sous des formes inédites, s’emparer de l’Espagne et d’autres pays de l’Europe de l’Est et du Sud.

Car tous ces gens-là n’ont aucun doute, contrairement aux doux rêveurs de la gauche « alter-européiste » : les vrais maîtres du jeu savent qu’il n’y aura jamais d’Europe « sociale, démocratique et pacifique » dans le cadre des traités supranationaux et néolibéraux, c’est-à-dire dans le cadre de la « construction européenne » elle-même, laquelle n’est rien d’autre que l’ensemble politico-juridique constitué par lesdits traités. Et c’est inévitable puisque de part en part, l’ « Europe » a été faite, non pas pour « édifier la paix et la démocratie », comme on l’a enseigné à l’école aux enfants sages de la gauche euro-réformiste, mais pour détruire le camp socialiste, étendre l’OTAN, restaurer l’impérialisme allemand vaincu en 1945 en en faisant le brillant second (pour le moment !) de l’Oncle Sam, écraser les acquis populaires et conjurer la possibilité même du socialisme sur notre sous-continent : Alain Madelin, l’ultra-libéral, avait, hélas, raison, quand il disait que le Traité de Maastricht était « une assurance tout-risque contre le socialisme » en Europe… et en France !

Cela ne signifie nullement encenser Syriza comme le font, avec un angélisme teinté de roublardise, les dirigeants du PCF-PGE et du Front de gauche. Syriza, qui fait croire au peuple grec que l’on peut sortir de l’euro-austérité sans sortir de l’euro et de l’UE atlantique, est aujourd’hui placé devant ses contradictions et la BCE ne lui laisse que le choix de se soumettre en se discréditant, de se démettre lâchement en ouvrant un boulevard aux nazis d’Aube dorée, ou de résister vaillamment en entendant l’appel des communistes grecs et européens à sortir de l’euro, de l’UE, de l’OTAN et du capitalisme. Par sa nature de classe petite-bourgeoise, Syriza ne veut ni ne peut aller aussi loin. Mais il n’y a pas que Syriza et ses dirigeants associés au P.G.E. réformiste, il y a les peuples d’Europe, il y a la classe ouvrière grecque, il y a les forces franchement communistes et franchement progressistes de tous les pays ; ensemble nous devons fustiger les dirigeants de l’UE capitaliste, ensemble nous devons refuser la revanche insidieuse des vaincus de 1945, ensemble nous devons crier : « nous sommes tous des Grecs », ne touchez pas au peuple qui a donné au monde les mathématiques et la philosophie, la physique et la rhétorique, le théâtre et l’histoire, la citoyenneté et l’immortelle devise de la bataille de Marathon et de l’hymne nationale grec :

« beltion estin eleuheroi qanein h douleuein, plutôt mourir libres qu’être asservis « .

C’est dans cet esprit que le PRCF appelle toutes les forces véritablement communistes, progressistes, syndicalistes, patriotiques, internationalistes, antifascistes, à ne plus perdre une minute dans la préparation unitaire de la grande manifestation nationale à laquelle a déjà appelé le Collectif de liaison des assises du communisme pour le 30 mai prochain (10 e anniversaire du Non au TCE) et à laquelle s’apprêtent à appeler diverses forces républicaines qui dénoncent l’UE supranationale. Préparons concrètement et dans les luttes cette manifestation et donnons-lui un tour antifasciste et anti-dictatorial (oui l’UE est une dictature à l’ombre de laquelle prospèrent des nostalgiques du Reich !), patriotique et internationaliste, en lien avec les luttes pour l’emploi, les salaires, les services publics et les acquis sociaux.

Que partout sur nos murs et dans nos cœurs s’inscrive la lettre grecque « Z » (zh, « il est vivant » en grec),

A bas la dictature européenne ! Solidarité avec notre peuple frère !

Sans cela, c’est à notre propre esclavage que nous consentirions, car un peuple qui laisse écraser d’autres peuples en son propre nom sera impitoyablement écrasé à son tour !

« En avant pour la Grèce, la justice et la liberté ! » disaient l’Hymne de l’ELAS (Armée Populaire de Libération Nationale, branche militaire de l’EAM, le Front de Libération Nationale, la Résistance grecque),

Ajoutons en avant pour la France et tous les peuples d’Europe car ce combat est un combat patriotique et internationaliste commun !

  • Antoine Manessis, responsable international du PRCF, fils de Résistant (EAM-ELAS) grec ,
  • Léon Landini, ancien officier FTP-MOI, président du PRCF,
  • Pierre Pranchère, ancien Résistant FTPF, vice-président du PRCF,
  • Jean-Pierre Hemmen, vice-président du PRCF, fils de Fusillé de la Résistance,
  • Georges Gastaud, secrétaire national du PRCF, fils de Résistant,
  • Annette Mateu-Casado, fille de républicains espagnols, trésorière nationale du PRCF,
  • Jany Sanfelieu, fille de républicains espagnols, secrétaire à l’organisation du PRCF, ancien professeur de grec ancien,
  • Vincent Flament, rédacteur en chef d’Initiative communiste, professeur de lettres classiques,
  • Annie Lacroix-Riz, professeur émérite à l’université Paris VIII.

Rédigé par PRCF 38

Publié dans #International, #France

Repost 0
Commenter cet article