UN DÉBAT POLITIQUE FRATERNEL ET INTENSE

Publié le 26 Mai 2015

UN DÉBAT POLITIQUE FRATERNEL ET INTENSE

Organisée par le PG, le PRCF et le CDR-RUE38 et les amis de Fakir, cette conférence-débat a rassemblé 60 personnes vendredi 22 mai. Malgré une heure et une date difficile cette affluence démontre le besoin de politique.

Pas le théâtre d’ombres et le choc des carriérismes mais la vraie politique, celle qui ambitionne d’être "l’oeuvre créatrice des masses", l’organisation et l’action des travailleurs, des citoyens pour la lutte en faveur d’une société plus juste.

De fortes convergences sont apparues dans et par la discussion. Il nous faudra, ensemble, faire fructifier cette amorce d’un élan et transformer cet essai qui fut de l’avis unanime des participants, militants ou citoyens sans appartenance partisane, de qualité et plein de promesse.

Après deux brèves introductions du PRCF et du PG, François Ruffin a illustré avec brio la caractère oligarchique, capitaliste de l’UE, reprenant des exemples, ô combien parlant, de ses recherches pour son livre Faut-il brûler Bruxelles.

Interventions, analyses, débats, ont suivi, autant d’interpellations à la réflexion et à l’action.

La richesse du débat de la soirée ne peut être pleinement rendu ainsi mais ce compte-rendu espère contribuer bien modestement à donner visibilité et contenu à une véritable alternative antifasciste, populaire et patriotique.

L’intervention d’Antoine Manessis pour le PRCF

Permettez moi de remercier François Ruffin d’avoir accepté avec un agenda très lourd d’être présent ici ce soir. Et de vous remercier vous tous d’être venu un vendredi soir, veille d’un long week-end pour débattre avec nous.

Le PRCF a proposé cette réunion et son thème car nous considérons le positionnement sur l’UE comme central. Nos camarades du PG et le CDR-RUE38 ont accepté de coorganiser cette soirée autour de François non parce que toute divergence d’analyse aurait disparu entre nos organisations mais parce que nous considérons que les divergences doivent être mise en débat. Ce qui compte c’est la façon dont on traite les divergences: soit pour en faire un point de fixation paralysant, soit au contraire de les appréhender de façon dynamique pour finalement avancer ensemble.

En ce qui nous concerne nous établissons un lien évident entre l’UE et le Grand Traité Transatlantique puisque tel est notre thématique ce soir. Nous croyons que l’UE, l’Europe atlantique, sous direction américano-allemande, voit son aboutissement avec le GTT.

En effet nous considérons l’UE et le futur ensemble américano-européen comme l’expression institutionnelle, juridique, politique, économique et idéologique de la domination du grand capital.

Il serait trop long d’énumérer ici ce qui démontre que de sa naissance à aujourd’hui l’UE est intrinsèquement , par nature de classe, l’arme de destruction massive que le capital s’est donné pour détruire les souverainetés, mêmes imparfaites, des peuples et les indépendances, tout aussi imparfaites, des nations. Non pour le plaisir mais pour déployer une politique : la casse des conquêtes sociales, des services publics et mener la guerre aux salaires, ce qui reste l’axe fondamental pour les capitalistes et leurs fondés de pouvoir.

Nous pensons qu’on ne transforme pas un loup en agneau, et un tyrannosaure et doux végétarien, c’est pourquoi nous rejetons la prétendue «Europe sociale» que nous considérons comme un leurre et une mystification. De même qu’il n’y aura jamais un capitalisme «social», de même que l’OTAN ne sera jamais une force de paix, il ne peut y avoir d’ UE « sociale ». Le capitalisme portera toujours en lui la guerre, «comme les nuées» portent l’orage, du Proche -Orient à l’Ukraine, l’UE du capital sème la guerre et l’UE portera toujours la régression sociale et civilisationnelle que les peuples ont eut le temps d’apprécier: sans doute n’est-ce pas par hasard s’il y a dix ans déjà 55% des Français et 81% des ouvriers disaient NON au projet de Constitution européenne, volonté du souverain peuple qui fut immédiatement violée par le PS, la droite complexée, et l’ UMP, la droite décomplexée au prix d’une véritable forfaiture.Et que dire de la situation en Grèce où le refus de trancher le nœud gordien de l’UE- et pourtant l’UE se comporte vis à vis de la Grèce comme des racketteurs, des maîtres-chanteurs et des gangsters- ne peut mener dans un premier temps qu’aux capitulations puis aux pires aventures avec Xrissi Avghy-Aube Dorée en embuscade.

C’est la raison pour laquelle le 30 mai à Paris le PRCF appelle avec ses partenaires communistes et progressistes anti-UE à un rassemblement à 14h place E. Herriot pour la sortie de l’euro, de l’UE, de l’OTAN. Deux précisions pour que les choses soient parfaitement claires: ces trois sorties doivent se faire par la porte de gauche c’est-à-dire qu’elles peuvent être le début d’un processus révolutionnaire et majoritaire de sortie du capitalisme et de la mise à l’ordre du jour du socialisme qui reste à nos yeux la seule alternative à ce qui prétend ne pas en avoir.

Enfin je voudrai insister sur la nécessité politique de ne pas abandonner à nos adversaires de classe, quelle que soient leurs masques, les symboles qui nous appartiennent. La gauche c’est nous ! Les Républicains c’est nous ! Le drapeau des Sans-Culottes c’est nous ! Le drapeau de la Commune c’est nous ! La Résistance au fascisme c’est nous ! Et pour conclure nous pensons que doit se constituer dans ce pays un Front Antifasciste Populaire et Patriotique pour ne pas entrer dans le GTT , pour sortir de l’UE, pour faire vivre le projet d’émancipation sociale et l’indépendance nationale car ne croyons pas que cette question nationale est un obstacle sur notre route nous tenant éloigné du combat de classe, c’est au contraire, comme l’histoire le montre, l’arme la plus puissante dans les mains de la classe ouvrière et du peuple.

Rédigé par PRCF 38

Publié dans #Infos Locales

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