Que faire, ici et maintenant, pour soutenir le peuple grec ?

Publié le 15 Juillet 2015

Que faire, ici et maintenant, pour soutenir le peuple grec ?

Le magnifique OXI (non !) lancé aux eurocrates par le peuple grec, classe ouvrière en tête (92% des électeurs du Pirée, par ex. !), vient seulement de retentir que déjà les Merkel, Hollande, Gattaz, Juncker et autres euro-« diktateurs » aggravent leur chantage : ils privent de liquidités les banques grecques et rebondissent sur les très illusoires concessions de Tsipras (notamment la démission de Varoufakis, « bête noire » désignée des eurocrates…) en prétendant que « la balle est dans le camp grec » : en clair, le couple Merkholland fait comme si les Grecs avaient voté Oui et qu’il revînt à leur gouvernement de serrer lui-même la ceinture sur un peuple déjà exsangue ! Sans le moindre suspense, le « socialiste » Hollande s’est aussitôt couché devant l’arrogant suzerain allemand, démontrant comme à la parade que l’UE est une dictature supranationale dont il est aussi sot d’ « espérer une démocratisation de l’UE » qu’il serait absurde pour une gazelle assoifée de prétendre attendrir les crocodiles qui la guettent aux abords du fleuve !

C’est pourquoi les criailleries « euro-constructives » de la « gauche » bobo et de l’ « extrême » gauche française suppliant l’UE de faire preuve d’humanité, se déclarant « tous Grecs » (après avoir été « tous Charlie »…), adulant tous Tsipras, amusent les eurocrates qui, contrairement aux philistins « euro-constructifs », savent parfaitement, eux, comment marche le broyeur euro-atlantique et quelle classe sociale il est exclusivement conçu pour servir !

Dès lors, si nous voulons être solidaires des Grecs ici, cessons de nous battre par peuples grec, espagnol, etc. interposés en leur criant doctement : « mporite, podéis, vous pouvez ! » : comprenons au contraire que « l’ennemi principal est dans notre pays » (Liebknecht). Il ne s’agit pas non plus de « conseiller » prétentieusement le pauvre petit peuple grec : ce grand peuple, qui porte les Lumières depuis trois millénaires, n’a pas besoin des leçons de ceux qui, dès le 29 mai 2005 au soir, ont stérilisé le Non français à la constitution européenne en bêlant après l’ « autre Europe », l’ « autre constitution européenne », l’ « autre » euro (sur la base d’un « autre marxisme » ?) au lieu d’exiger la démission des gouvernants oui-ouistes et d’engager la lutte pour la sortie de l’UE, non pas de la Grèce (« armons-nous et partez ! ») mais de notre pays, bien mieux pourvu économiquement que la Grèce pour sortir de l’UE, au besoin le premier et unilatéralement.

D’abord parce que l’impérialisme français, même s’il rampe devant Berlin (conformément aux traditions traîtresses des Emigrés de Koblenz, des versaillais de Thiers et des Kollabos de Vichy) ne se contente pas, avec ses banques, d’écraser la Grèce et les autres « PIGS » du Sud et de l’Est européens : « notre » impérialisme est aussi le principal ennemi de la nation française qu’il dissout dans le bain d’acide de l’ « intégration » européenne pour mieux mondialiser les profits du CAC-40.

Ensuite, parce que si, à l’initiative du monde du travail, la France, 5ème puissance économique au monde, sortait unilatéralement et par la porte à gauche de l’UE et de l’euro… il n’y aurait aussitôt plus d’euro ni d’UE ! Immédiatement, ces broyeurs de peuples que sont l’UE, la BCE et l’ « Union transatlantique » chère à l’Axe Washington-Berlin, entreraient dans une crise réjouissante qui ne pourrait que stimuler la contre-offensive française et continentale des ouvriers et des « petites gens », sans parler des amis de la paix (menacée par l’UE-OTAN en Ukraine) et des démocrates partisans du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Surgirait alors une situation dont nul révolutionnaire ne devrait normalement s’effrayer : celle où « ceux d’en haut ne pourraient plus gouverner comme avant » et où « ceux d’en bas ne voudraient plus être gouvernés comme avant » (Lénine)…

A l’heure où l’oligarchie capitaliste détruit la Grèce, l’Espagne, l’Italie, le Portugal… et la France elle-même, à l’heure où la classe travailleuse est la seule force apte à rassembler notre peuple pour la reconquête de sa souveraineté, la triple sortie de l’euro, de l’UE et de l’OTAN mènerait à un affrontement général – et pas seulement national ! – avec le grand capital, et cela à l’initiative des forces progressistes. Car les peuples d’Europe n’ont que les chaînes de l’UE du capital à perdre, ils ont un monde de progrès social, d’indépendances nationales et de coopérations internationales à gagner : avec en perspective, le socialisme, seule société où la souveraineté nationale, assise sur la souveraineté du peuple, serait matériellement garantie par la socialisation des moyens de production et par le pouvoir politique de la classe travailleuse.

Alors cessons d’euro-pleurnicher, d’euro-supplier, d’euro-conseiller et, pour tout dire, d’ « alter-européer » : comme ce fut le cas, dans un cadre unitaire, le 30 mai 2015 à deux pas de l’Assemblée nationale, et comme le propose le PRCF aux forces communistes, syndicales, républicaines et antifascistes, multiplions les débats et les initiatives concrètes pour appeler la France à sortir de l’UE atlantique pour mettre en place de nouveaux traités internationaux fondés sur la coopération entre peuples égaux et non plus sur l’ « économie de marché ouverte sur le monde où la concurrence est libre et non faussée » (art. VI de Maastricht): car si notre pays de sort pas au plus tôt de l’UE, il « y restera », et le monde du travail avec lui !

Secrétariat politique du PRCF – 8 juillet 2015

Rédigé par PRCF 38

Publié dans #International

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