Déclaration du secrétariat national du PRCF – 19 novembre 2015 –

Publié le 21 Novembre 2015

Déclaration du secrétariat national du PRCF – 19 novembre 2015 –

À l’unisson d’autres forces démocratiques* comme le Syndicat de la magistrature ou comme le courageux député socialiste critique Pouria Amirshahi, le secrétariat politique national du PRCF se prononce contre la prorogation à trois mois de l’état d’urgence**. Le PRCF condamne aussi le chambardement constitutionnel gravement antidémocratique programmé par Hollande dans un climat d’hystérie attisé par la droite et par le FN.

La réalité, c’est que l’exécutif dispose déjà de tous l’arsenal législatif lui permettant de mener la lutte antiterroriste, si tel est son vrai but, et que même, nombre des dispositifs législatifs ou réglementaires existants sont déjà attentatoires aux libertés démocratiques, individuelles et syndicales. Ce pouvoir qui traite les ouvriers d’Air-France de « voyous » et qui les fait arrêter à 5 heures du matin veut en fait se doter des moyens d’exception qui lui permettront d’interdire à jamais les mouvements politiques et idéologiques, voire syndicaux qui refusent l’euro-dissolution de la France, les guerres impérialistes à répétition, le démontage des acquis du CNR et de la Révolution française. Le but de Valls-MEDEF et de ses amis de la droite est aussi de faire passer un maximum de lois antisociales sans être gêné par les grèves et par les manifs populaires.

Sans tomber dans les provocations, en parlant constamment le langage de la raison et en cherchant sans relâche l’unité d’action des forces ouvrières et démocratiques, le PRCF appelle les travailleurs à poursuivre dans l’union leur combat légitime et pacifique, notamment le 2 décembre prochain autour des courageux ouvriers d’Air-France. Par ailleurs le PRCF appelle à amplifier la campagne de signatures pour un référendum permettant au peuple français de se prononcer pour la sortie de l’UE. Cette dernière, en soutenant Erdogan (le premier ministre turc proche des milieux intégristes), a montré plus que de la complaisance à l’égard de Daesh, qui s’arme avec l’argent qui provient du pétrole de contrebande écoulé en Turquie. Quand la classe ouvrière réalise autour d’elle l’union du peuple de France, c’est bon pour la nation, pour la bonne entente des membres du peuple de France, pour la mise hors d’état de nuire des fanatiques, pour la défaite de l’ultra-droite réactionnaire que flatte servilement Valls, cet anti-Jaurès qui a toujours combattu la vraie gauche. Dans le même esprit, le PRCF appuie l’exigence de la Fédération Nationale de la Libre Pensée pour que la manifestation républicaine et laïque du 5 décembre, maintenue par ses organisateurs, soit autorisée.

Concernant la manière de combattre Daesh en Syrie, le PRCF souhaite ardemment que ce foyer pestilentiel de mort et de haine soit détruit et extirpé, ainsi que les pseudo-« terroristes modérés » (sic) d’Al Nosra liés à Al Qaida. Mais sous peine de permettre aux dirigeants impérialistes, gouvernement Valls inclus, de faire à tout moment dévier leur action « anti-Daesh » contre l’ensemble du peuple syrien (comme ce fut le cas à l’encontre du peuple libyen à l’époque de Sarkozy), l’intervention n’aura de légitimité que si elle est strictement cadrée par le droit international, sous mandat strict de l’ONU et en intégrant à la coalition comme un acteur incontournable et central l’armée régulière syrienne relevant d’un État souverain et laïque.

Le gouvernement Hollande, qui porte une responsabilité accablante dans le développement de la guerre civile en Syrie, doit aussi cesser de poser des préalables au sujet de la présence ou pas d’Assad à la conférence de réconciliation nationale. Il ne s’agit pas de savoir ce que nous pensons ou pas d’Assad, il s’agit de savoir ce que le peuple syrien décidera à son sujet dans le cadre d’un processus de paix lui permettant de s’exprimer souverainement, donc sans l’ingérence du bloc atlantique et de ses vassaux turcs, saoudien ou qatari – sans lesquels Daesh ne serait rien. Il faut revendiquer haut et fort que la France officielle cesse scandaleusement de considérer l’État syrien comme l’ennemi principal et qu’elle cesse aussi d’avoir pour amis principaux dans le Golfe les pétromonarchies qataris et saoudiennes qui exportent partout à coups de pétro-milliards leurs vues obscurantistes, misogynes et esclavagistes.

Le PRCF appelle les communistes et les autres progressistes à continuer sereinement leur vie démocratique pacifique, à ne pas cesser le dialogue public avec le peuple, avant tout avec la classe ouvrière et la jeunesse et, tout en évitant les provocations qui ne serviraient que les forces réactionnaires, à défendre leurs objectifs de paix, de souveraineté nationale, d’unité combative du peuple travailleur, de progrès social, de démocratie et de fraternité entre tous les travailleurs, tous les peuples et toutes les jeunesses du monde.

*Comme l’a déclaré la direction de la Ligue des Droits de l’Homme, "le pouvoir exécutif entend imposer sa vision d'une démocratie" où lui-même "l'emporte sur les autres pouvoirs et sur les libertés individuelles", ajoute la LDH, qui déplore qu'"une seule alternative" soit proposée, entre "un pouvoir fort ou le terrorisme, sans se préoccuper d'assurer la cohésion sociale et l'égalité des droits".

**Nous prenons acte avec consternation du positionnement à ce sujet de la direction du PCF-PGE.

Rédigé par PRCF 38

Publié dans #France, #International

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