Globish au Musée de la Résistance de Grenoble - suite

Publié le 7 Juillet 2016

Globish au Musée de la Résistance de Grenoble - suite

Monsieur le Directeur,

J’ai bien reçu votre courriel, (ci-dessous) toutefois malgré mes diverses responsabilités et mes quatre vingt onze ans, je vais essayer de ne pas vous faire attendre trop longtemps pour vous faire réponse.

Dans ce que vous m’avez envoyé, vous écrivez : “ La manifestation que vous citez et dans laquelle nous nous inscrivons porte ce terme, un terme aujourd’hui universellement reconnu , qui rassemble des populations du monde entier ” (de qui parlez-vous en disant nous nous inscrivons ? car en utilisant une langue étrangère vous ne pouvez pas prétendre parlez au nom des Résistants, qui se sont battus pour que le Français soit et reste la langue de notre pays tel que cela est inscrit dans notre Constitution) et vous ajoutez “ qui rassemble des populations du monde entier ” . De quelles populations du monde entier voulez-vous parler ? Serait-ce de ceux qui se prennent pour des “érudits “ et qui pensent que c’est en “ baragouinant “ quelques mots de “Globisch” qu’on va les prendre pour des scientifiques. (Comme le disait mon oncle plein d’humour : “ Ce sont des gens qui se prennent pour quelqu’un avant d’être quelque chose.)

Par ailleurs veuillez pardonner le pauvre ignare que je suis, mais probablement comme au minimum 90 % de nos concitoyens, je ne sais pas du tout ce que signifie ce Street Art Fest . j’ai posé cette question à de nombreuses personnes autour de moi et aucune n’a été à même de m’indiquer ce que cela voulais dire.

Me voici tout de même un peu rassuré car après vos écris je craignais d’être le seul attardé à ne pas comprendre ce langage.

Toujours dans la volonté de subordonner le Français à une langue étrangère vous continuez : “ Quant à l’emploi de la langue anglaise, nul ne peut nier aujourd’hui qu’elle est essentielle pour favoriser là encore la diffusion des travaux.” Mais de quelle diffusion et de quels travaux parlez-vous ? je suis désagréablement surpris de trouver dans la bouche du directeur du Musée de la Résistance de Grenoble, ce qu’avait déclaré (à quelques mots près), il y a des années de cela, Ernest-Antoine Seillière. L’ex patron des patrons, représentant de la finance internationale, qui lui aussi voulait faire disparaitre la langue française au profit du tout anglais.

Je me dois de vous rappeler que certains de mes camarades étrangers ou d’origine étrangère, sont allés après la Libération, suivre des cours du soir pour parfaire leurs connaissances dans cette langue, afin de pouvoir apprécier à leurs justes valeurs les textes de Victor Hugo, d’Aragon de Paul Eluard et d’autres très grands poètes. Et voici que pour annihiler ce travail et cette peine, vous leur dîtes sans aucune vergogne, que la langue qu’ils ont appris et enseigner à leurs enfants “ n’est pas essentielle pour favoriser la diffusion des travaux “.

Monsieur, vous êtes le Directeur du Musée de la Résistance et de la Déportation de Grenoble, ville Compagnon de la Libération, votre devoir n’est pas d’enseigner l’Anglais mais de pérenniser la mémoire de la Résistance et surtout de défendre les raisons pour lesquelles des femmes et des hommes ont sacrifié leurs vies dans la fleur de l’âge afin de nous laisser, une France Libre, Forte, Indépendante, Démocratique et Souveraine, qui ne ressemble en rien à ce que vous m’écrivez.

S’agissant de la souveraineté et de la place que notre France doit tenir dans le monde, comment ne pas être frappé par l’aspiration qu’exprimait alors le Général de Gaulle en s’inspirant du programme du Conseil National de la Résistance.

“ Un tel régime politique, social, économique, devra être conjugué avec une organisation internationale des rapports entre toutes les nations, telles que,dans un monde dont l’interdépendance est désormais la loi, chaque peuple puisse se développer suivant son génie propre et sans subir aucune oppression politique ni économique.” j’ajouterai ni linguistique.

Cher Monsieur, ne pensez-vous pas qu’aujourd’hui l’urgence ce serait d’apprendre à nos élèves à parler correctement le français, car faute d’enseignants beaucoup d’enfants ne connaissent même pas des mots couramment utilisés, cela vaudrait beaucoup mieux que d’essayer de leur bourrer le crâne en leur affirmant que ce n’est pas en français, qu’il pourront favoriser la diffusion de leurs travaux.

En espérant que ces quelques lignes vous rappelleront les responsabilités qui doivent être celles d’un directeur de Musée de la Résistance.

Veuillez agréer les salutations d’un Résistant qui, tant qu’il vivra se battra pour que soit respecter la mémoire de ses frères de combat, ainsi que le programme du Conseil National de la Résistance, même si cela est très difficile en ce moment.

LANDINI.

Samedi 18 juin 2016

Monsieur le Président,

Je réagis tardivement à votre message, excusez-moi. La manifestation que vous citez et dans laquelle nous nous inscrivons porte ce terme, un terme aujourd'hui universellement reconnu, qui rassemble des populations du monde entier. J'aurais tendance à passer qu'il s'agit d'un excellent vecteur d'échanges et de rapprochement. Quant à l'emploi de la langue anglaise, nul ne peut nier aujourd'hui qu'elle est essentielle pour favoriser là encore la diffusion des travaux. Est-ce à dire que nous négligeons la langue de notre pays ? Je ne crois pas, non. Nous y sommes au contraire profondément attachés et évitons les anglicismes qui, je vous l'accorde, sont employés dans notre société à tort et à travers.


Merci de l'intérêt dont vous témoignez pour nos activités.
Recevez, Monsieur le Président, l'expression de ma considération distinguée.


Olivier Cogne
Directeur du Musée de la Résistance et de la Déportation de l'Isère

Dimanche 12 juin 2016.

Rédigé par PRCF 38

Publié dans #Infos Locales

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