A. Bernier, G. Gastaud : commentaires sur le 1er tour des législatives

Publié le 14 Juin 2017

A propos d’un article d’Aurélien Bernier sur les leçons du 11 juin, un commentaire de Georges Gastaud, le 13-06-2017

 

De l’excellent article d’ A. Bernier que reproduit Initiative communiste,  deux leçons principales se dégagent.

 

D’une part , la gauche radicale tend peu à peu à contrebalancer, voire à dépasser le FN, surtout lors de la présidentielle. Tendance très positive, principalement liée à la percée de la F.I., et qui ne demande qu’à être accentuée : car le FN en crise latente va sans doute payer son grand écart entre son souverainisme de parade (la « sortie concertée de l’euro ») et l’attachement irrépressible de toute la grande bourgeoisie française, élites frontistes inclues, à la « construction » européenne : comment les Marion Le Pen, Ménard, Collard et Cie quitteraient-ils de bon gré cette belle Europe blanche, atlantique, germano-centrée, qui garantit les classes privilégiées contre d’éventuelles menées révolutionnaires (inévitables à terme !) des classes populaires de France ?

 

D’autre part, l’impuissance actuelle de la « gauche radicale » à capitaliser l’acquis présidentiel aux législatives, donc à s’inscrire durablement dans le paysage institutionnel. Cette impuissance est très justement associée par A. Bernier au refus par la direction de la F.I. (et au refus au carré du PCF, plus « euro-béat » que tout le monde !) d’engager clairement une politique de Frexit progressiste confrontant le monde du travail à l’UE atlantique. On l’a vu à l’approche du 1er tour de la présidentielle quand JLM, voulant avant tout rassurer l’électorat boboïsant de Hamon, a « baissé la barre » sur l’UE au risque de brouiller son message patriotico-contestataire en direction des travailleurs (rappelons que 79% des ouvriers ont voté non à l’euro-constitution). Ce fut là un premier choix de classe qui indique quels sont les rapports de forces actuels à la tête de la FI (dommage, soit dit en passant, que les vrais communistes n’aient pas été plus présents et plus pressants ensemble dans le soutien critique à JLM pour peser sur le contenu euro-critique de la campagne et contrebalancer les pressions euro-boboïsantes de la social-démocratie sur Mélenchon…).

 

Comme par ailleurs, l’étude d’ A. Bernier fait apparaître la décrépitude vertigineuse du PCF (elle est idéologique et politique avant d’être électorale : il n’est que de voir les efforts de Hue pour faire voter Macron au 1er tour et du nouveau Hue, P. Laurent, pour rabattre sur Macron au second tour sous prétexte de « barrage antifasciste » (alors que Macron veut inscrire la France dans l’état d’urgence permanent !), les conclusions politiques s’imposent à tout communiste, à tout militant ouvrier et à tout progressiste de bonne foi :

 

Il faut que renaisse en France un vrai parti communiste, centré sur la classe ouvrière et les couches populaires, proposant clairement le Frexit progressiste et le socialisme, agissant pour un large front antifasciste, patriotique et progressiste, revendiquant de larges nationalisations démocratiques. Sans cela, il sera difficile de transformer le brillant essai de la France insoumise pour aller, en lien étroit avec le syndicalisme de classe, vers une France Franchement Insoumise (FFI) au grand capital et à l’ensemble de ses institutions nationales, la 5ème république en voie de putréfaction fascisante et supranationales : euro, UE, OTAN, OMC, TAFTA, FMI, tout-anglais devenant la langue mondiale imposée, etc.

 

Sans cela, les alliances patriotico-progressistes pencheront encore et encore vers la droite, vers la petite bourgeoisie intellectuelle qui ne veut pas couper avec l’UE, l’euro et le capitalisme, et qui domine « spontanément » dans toute alliance populaire où les communistes, donc la classe ouvrière, ne pèsent pas de façon organisée.

 

Alors que le PCF-PGE en faillite vogue vers d’ultimes reniements et que la FI cherche visiblement un nouveau souffle, la balle est dans le camp des vrais communistes, y compris de ceux qui sont encore dans le PCF : nul ne reconstruira le PARTI à notre place, et sans le parti, les classes populaires ne peuvent pas jouer leur rôle historique : diriger et faire gagner la résistance populaire.

 

Quelles que soient les péripéties internes qui attendent le PCF, ses congrès « refondateurs » à répétition et ses dirigeants mutants parvenus au bout de leurs « novations » bidon, c’est maintenant qu’il faut penser à reconstruire ensemble le parti sur des bases franchement communistes, donc marxistes-léninistes et prolétariennes au sens large, en tenant ferme sur le grand legs révolutionnaire et rassembleur à la fois du Parti de la Résistance et du Front populaire.

 

Ajoutons pour finir que face à Macron, dont la mission historique est de mener à bien l’euro-dissolution finale de la France et des acquis du CNR, il y a urgence.

Rédigé par PRCF 38

Publié dans #France

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