Appel du 29 mai

Publié le 26 Mai 2006

  • A P P E L d u 2 9 M A I 2 0 0 6
    Prolongeons les victoires du 29 mai 2005 et du 10 avril 2006 (retrait du CPE)
    en construisant le Front pour la Résistance et l’Alternative Populaire !
    Agissons pour le retrait de la France du Carcan Patronal Européen !

  • Le 29 mai 2005, malgré le harcèlement médiatique de l’Union européenne, du MEDEF, et de l’UMPS, les « moutons noirs » de France ont dit catégoriquement Non à la Constitution de l’Europe supranationale du grand capital.

    Ouvriers, employés, chômeurs, étudiants, agents des services publics, artisans, paysans travailleurs, ont refusé la constitution totalitaire que voulait imposer la Franceurope d’en haut pour liquider la souveraineté de la France, détruire les acquis du Front populaire et de la Libération, régionaliser la République une, laïque et indivisible, accélérer les délocalisations et les privatisations, aggraver la précarité du travail, écraser le pouvoir d’achat populaire, gonfler les monstrueux profits du grand capital.

    En rejetant la Partie III de l’euro-constitution, qui prétendait graver dans le marbre la « concurrence libre et non faussée », le peuple a condamné les Traités de Rome, Maastricht, Nice, Lisbonne et Barcelone, fondés sur les mêmes principes, et qui interdisent toute alternative à l’organisation capitaliste et néolibérale de l’économie. En disant Non, des millions d’électeurs ont aussi condamné l’euro, qui « plombe » notre pouvoir d’achat, nos exportations, le budget des services publics et les dépenses sociales (retraites, Sécu…) au seul bénéfice des spéculateurs et de la Finance européenne.

    Enfin, le 29 mai a désavoué Chirac, sa « majorité » UMP et… le Parti « socialouiste » qui, depuis des décennies, « accompagne de gauche » la casse des conquêtes sociales.

    Le 10 avril 2006, à l’issue d’un bras de fer de deux mois avec le pouvoir UMP aiguillonné par la Commission de Bruxelles (le vrai chef d’orchestre de la précarité dans toute l’Europe !), les lycéens et étudiants, rejoints par les salariés et par les syndicalistes les plus combatifs, ont forcé Chirac, Villepin et Sarkozy, hystériquement soutenus par Le Pen et de Villiers, à retirer leur CPE esclavagiste. Ridiculisant ceux qui parlent de « mort de la lutte des classes », le tous ensemble des étudiants et des salariés a déstabilisé le pouvoir UMP en renouant avec les méthodes du syndicalisme de classe si décriées par Chérèque et par son ami Thibault, liquidateur des principes de classe de la CGT : AG de lutte, démocratie directe, coordinations d’action, piquets de grève, blocage du profit capitaliste, manifs combatives… Manifestement, le bras de fer de mars-avril 2006 constitue une répétition générale : faisant suite aux grèves de décembre 95 contre le plan Juppé, au mouvement de 2003 pour les retraites, au 29 mai, les luttes de 2006 sont une nouvelle étape de cet affrontement de classes qui oppose sourdement le peuple travailleur au Grand Capital maastrichtien, « tueur » de France et d’acquis sociaux.

    C’est ainsi que le pouvoir UMP est entré en crise sur fond de coups bas entre les maffias qui se disputent l’Etat. De plus en plus, « ceux d’en bas refusent d’être gouvernés comme avant », tandis que « ceux d’en haut peuvent de moins en moins gouverner comme avant ». Si un vrai parti ouvrier révolutionnaire existait encore en France, comme c’était le cas lorsque le PCF se réclamait du marxisme-léninisme, la France vivrait actuellement une situation pré-révolutionnaire ; et au lieu d’être obligé de parer les mauvais coups, le monde du travail serait dès aujourd’hui en état de revendiquer le pouvoir politique et économique pour le mieux-être de toute la société !

    Pourtant, malgré ces deux succès, 29 mai 2005 et avril 2006, qui ont réveillé dans le monde entier la sympathie pour le frondeur peuple de France, l’UMPS, mais aussi l’extrême droite qui sert au Grand Capital de « réserve » fasciste, font tout pour reprendre la main. Sarkozy quittera-t-il le radeau chiraquien en perdition ou prendra-t-il la direction du gouvernement pour accélérer encore sa politique de « rupture » « thatchérien » et ultra-libéral de balayer TOUS les acquis AVANT 2007 ?

    Quant au PS, loin d’exiger la dissolution de ce Parlement ultra-patronal et non représentatif, il promeut la dame patronnesse S. Royal. Propulsée par les médias du capital, cette européiste acharnée affiche son admiration pour Tony Blair, doublure anglaise de Bush et continuateur « travailliste » de Thatcher ; nul n’a oublié l’époque où, ministre de « l’enseignement scolaire » de Jospin, la bien-nommée Royal aidait le sinistre C. Allègre à « dégraisser » l’école de la République !

    Tout est donc fait pour empêcher notre peuple travailleur de traduire sur le plan politique son aspiration à un changement progressiste ! Le dispositif mis en place par l’UMPS vise à « coincer » les Français dans une alternance bidon entre maastrichtiens de droite et de « gauche » (de 97 à 2002, secondé par des ministres pseudo-communistes, Jospin a massivement privatisé, bombardé Belgrade et installé l’euro sans consulter le peuple) ; pour compléter cette « tenaille » politique, l’extrême droite attend son heure, postée en embuscade. Son rôle est de dévoyer le ras-le-bol vers son alternative de mort, de tourner le mécontentement contre les travailleurs étrangers pour détourner l’attention des agissements anti-nationaux des milliardaires, dont le richissime Le Pen fait partie.

    Que faire dans ces conditions? Faut-il continuer, comme Mme Buffet, à larmoyer sur l’introuvable « l’Europe sociale » en réclamant stérilement la « renégociation de la constitution européenne » au risque d’accepter dans son principe l’UE de Maastricht… pour mieux rabattre au second tour sur le PS maastrichtien ? !

    Au contraire, il faut rompre avec ces mensonges de « l’Europe sociale » : l’U.E. est un nouvel EMPIRE capitaliste, aussi dangereux pour la paix, la démocratie et le progrès social que l’EMPIRE U.S. de Bush ! Au lieu de prétendre « réorienter dans un sens progressiste » l’Etat supranational européen, il faut exiger que la France sorte de cette UE. impérialiste, dont le seul but est de permettre à l’euro-capitalisme d’affronter ses rivaux et complices des USA dans la course à l’hégémonie mondiale! C’est en AFFRONTANT et en DISLOQUANT les traités supranationaux construits par Bush en Amérique latine, que le Venezuela de Chavez, Cuba socialiste et la Bolivie d’Evo Morales ont pu créer l’ALBA, un nouveau traité international qui respecte la souveraineté des peuples et oriente la croissance, non vers le profit de quelques-uns, mais vers le développement de tous !

    C’est pourquoi le PRCF propose de prolonger le 29 mai et le 10 avril par un Front de Résistance et d’Alternative Populaire (FRAP !) qui, en rassemblant autour des travailleurs et des jeunes en lutte les victimes de Maastricht (artisans, paysans travailleurs, petits entrepreneurs étranglés par les banques…), se fixera pour but :

    -d’abroger toutes les contre-réformes maastrichtiennes (casse des retraites, de la sécu et des indemnités chômage, privatisations, CNE, loi Fillon, étranglement des libertés démocratiques par le fascisant Sarkozy qui, en ciblant les travailleurs immigrés, veut diviser la classe ouvrière de France pour détruire plus facilement la nation) ;

    -de sortir la France du carcan de Maastricht, de la monnaie unique, de l’OTAN sous pilotage US …, pour reconstituer la souveraineté politique, sociale et économique de notre pays ;

    -de (re-)nationaliser les services publics et les secteurs-clés de l’économie (banques, assurances, grande industrie), interdire les délocalisations, adopter un plan de ré-industrialisation du pays, promouvoir la Recherche publique, démocratiser la gestion des entreprises et du service public ;

    -de supprimer les subventions publiques et les dégrèvements accordés au GRAND patronat, développer l’emploi dans l’Education nationale, la Santé publique et les autres services publics ;

    -transformer les emplois précaires en emplois stables; augmenter les petits et moyens salaires, les retraites et revenus de substitution, taxer les profits du grand capital, la grande fortune et les revenus spéculatifs ;

    -mettre en place de nouveaux traités internationaux non limités à l’Europe, respectueux des nations et des acquis sociaux ;

    -rompre avec les institutions anti-démocratiques de la 5ème République pour constituer une nouvelle République sociale, souveraine, fraternelle et démocratique, de manière à remettre à l’ordre du jour la rupture avec le capitalisme et la transformation socialiste de la France.

    Pour cela, il faut reconstruire une avant-garde communiste, révolutionnaire, marxiste, liée à la classe travailleuse et héritière du vrai PCF dont l’actuel PC-PGE usurpe le nom : tournant le dos à l’œuvre des vrais ministres communistes de 45/46, les Thorez, Croizat, Marcel Paul, qui mirent en place la Sécu, les statuts, les conventions collectives, les nationalisations, les retraites par répartition, le PC-PGE a renié Marx et la Révolution d’Octobre, aidé Jospin à privatiser le secteur public (France-Télécom, Snecma, Aérospatiale…), il s’est affilié au Parti de la Gauche Européenne dont le président, le « communiste » Bertinotti, est le bras gauche du nouveau 1er ministre italien Prodi, l’ancien président ultra-libéral de la Commission de Bruxelles !

    C’est pourquoi il faut renforcer le PRCF et son réseau Jeunes pour la Renaissance Communiste, qui seuls en France, unissent le drapeau rouge frappé de la faucille et du marteau au drapeau tricolore de 89. Le PRCF proposera d’ailleurs des candidatures franchement communistes aux prochaines législatives afin de poser des repères pour une politique neuve, en totale rupture avec la politique unique de l’UMPS !

    Quant aux prochaines présidentielles, le mieux serait qu’un candidat franchement communiste, totalement démarqué du PC-PGE, y incarne le vrai changement : mais pour présenter un candidat indépendant de la Gauche d’en haut, il faut des sommes astronomiques… ce qui réserve l’accès à l’élection aux partis subventionnés par l’Etat bourgeois. Dès lors, les progressistes ne doivent-ils pas exiger que les organisations de gauche qui ont voté Non le 29 mai, s’unissent sur une candidature commune et pluraliste, non pour rabattre vers le PS ouiste au second tour, mais pour rompre le monopole étouffant de l’UMPS ? Une telle candidature unitaire ne peut émaner d’une ex-ministre de Jospin, ni de parlementaires ayant soutenu ses contre-réformes ; ce candidat devrait au minimum s’engager à annuler toutes les contre-réformes UMP, à reconstituer le secteur public, à sortir de l’OTAN et à abroger immédiatement le traité de Maastricht et ses codicilles.

    Qu’il soit cependant clair que l’alternative progressiste n’émergera pas des institutions actuelles, verrouillées par Maastricht, par l’UMPS et par ces fascisants « liberos » du capital que sont De Villiers et Le Pen. Pour balayer la Sainte-Alliance du MEDEF, de l’U.E. et de l’UMP, il nous faut surtout construire un immense « tous ensemble » des jeunes et des salariés et des autres victimes du grand capital. Dans cet esprit, le PRCF invite la jeunesse et le peuple travailleur à élargir le rassemblement populaire majoritaire du 29 mai, prolongé par la lutte victorieuse contre le CPE !

  • Pôle de Renaissance Communiste en France (PRCF)

    Rédigé par PRCF

    Publié dans #France

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