Lettre du PRCF

Publié le 8 Décembre 2006

                                                                                                                                        27 novembre 2007

 

                                                                 

 

Aux animateurs nationaux et locaux des Collectifs Unitaires issus de la campagne pour le NON à la Constitution Européene.

 

 

Chèr(e)s camarades et ami(e)s

 

 

Vos collectifs vont avoir prochainement à se prononcer sur la candidature dite « anti libérale » à l’élection présidentielle.

 

A cette occasion nous souhaitons vous faire publiquement connaître l’état de notre réflexion, puisque nous avons pris part dans plusieurs départements à la campagne unitaire pour le NON progressiste, et vous proposer une rencontre.

 

 Pour votre information, il faut d’abord que vous sachiez que le PRCF a pour objectif de faire renaître un vrai parti communiste révolutionnaire en France, luttant contre le capitalisme et pour une société communiste sous les plis du drapeau rouge et du drapeau tricolore, comme le faisait le PCF avant d’être dénaturé par sa mutation.. Il faut également savoir que nous sommes organisés dans quarante départements et présents dans les cinquante cinq autres.

 

Il faut ensuite savoir que nous avons marqué de notre activité la campagne pour le NON à Lens (62) où se trouve une de nos sections importantes, dans le cadre du comité unitaire que nous avons contribué à animer, avec le PCF, de militants écologistes exclus des « verts », de Radicaux républicains (URR), de militants d’ATTAC, de membres du SNES et de la CGT.

 

Or, malgré nos multiples relances après le 29 mai 2005, il a été strictement impossible de réunir ce collectif unitaire. Il n’y a même pas eu de réponse politique, simplement des fin de non recevoir répétées. La raison principale tient à la volonté de la Fédération départementale du PCF 62 et de sa section lensoise qui veulent manifestement refuser tout contact avec les communistes non alignés sur la mutation que nous sommes.

 

Il serait donc anormal que dans ce département, quelque comité unitaire, créé en dernière minute et excluant le PRCF, déléguât  qui que ce soit au collectif national pour « élire » tel (le) ou tel(le) candidat(e).

 

Disant cela nous n’avons cure de barrer la route à qui que ce soit ou de pousser qui que ce soit. Simplement nous voulons être respectés comme nous respectons les autres et nous dénonçons une « unité » à géométrie variable, excluant ou incluant tel ou tel groupe en fonction des intérêts d’appareil. L’unité doit inclure TOUTES les forces du NON progressiste ou elle ne sera que l’habillage d’actions politiciennes.

 

Sur le fond politique, notre position est la suivante :

 

1°) nous considérons que l’élection présidentielle au suffrage universel, agrémentée du « quinquenat » et verrouillée par les duellistes/duettistes maastrichtiens de l’UMPS (avec Le Pen en embuscade) est profondément anti démocratique et que la tâche numéro un des militants progressistes est de dénoncer ce régime plus monarchique que républicain autoritaire et de plus en plus fascisant. Le terrain principal pour le mouvement ouvrier et populaire est et demeure celui des luttes sociales et politiques de masse. Ce qui signifie que selon nous, toute la campagne à venir doit être inséparable du mouvement social et appeler à son développement.

 

2°) Cela ne signifie pas qu’il faille se désintéresser de cette élection. Nous avons été la première force politique française, à déposer une pétition nationale de mille noms, initiée par le Doyen de l’Assemblée Nationale, Georges Hage (président d’honneur du PRCF), pour exiger du président de la République un référendum permettant de dire NON à la constitution européenne et à l’élargissement européen de type néo colonial qui a été imposé aux anciens pays socialistes d’Europe. Le triomphe du 29 mai a montré que la lutte électorale peut être un ferment politique pour le rassemblement majoritaire du peuple contre la politique du grand capital.

 

3°) Il est fondamentalement nécessaire que les forces du NON progressiste ne se subordonnent pas au  Parti « socialiste » et à sa candidate, la très réactionnaire Ségolène Royal et que le Mouvement populaire fasse un pas décisif lors de cette campagne pour s’émanciper du PS et de l’ex « gauche plurielle », totalement alignée sur les directives bruxelloises (n’oublions pas le rôle du gouvernement Jospin dans la mise en place de l’euro et dans le traité de Barcelone).

 

On ne peut aller vers l’indépendance retrouvée du peuple vis-à-vis de la social-eurocratie, en annonçant avant même le premier tour et sans aucune condition qu’on votera Royal au second tour !

 

Une telle politique revient à faire du vote dit «  anti libéral » non pas une grande force indépendante, mais un simple moyen de faire pression sur le PS dans le but d’obtenir des concessions pour les législatives et quelques ministères en cas de victoire.

 

Ce manque de clarté et d’indépendance envers un PS de plus en plus éloigné des vrais problèmes du peuple, ouvre la voie à la pire réaction sarkozyste et Le Peniste.

 

4°)  Enfin et surtout nous considérons que la campagne électorale doit être le moyen de popularise un véritable programme de rupture progressiste avec la domination étouffante du grand capital sur la vie nationale.

 

C’est dans cet esprit que le PRCF va diffuser des centaines de milliers de tracts aux entreprise, dans les cités populaires et sur les campus pour appeler au soutien d’un « programme candidat » dont les points principaux sont les suivants :

 

 

a)            Reconquête de la souveraineté nationale sur tous les plans, et sortie de l’Union européenne du    grand capital. Comme la grande majorité des travailleurs qui ont voté NON, nous n’avons aucune illusion sur l’  « Europe sociale » ; génétiquement l’Union Européenne est un empire capitaliste et expansionniste dont l’organisation est de A à Z commandée par la lutte contre le mouvement ouvrier, contre la laïcité, contre la souveraineté nationale et populaire, contre le socialisme, et dont le but final est de battre le partenaire-rival étatsunien dans la lutte impitoyable que se livrent les sociétés transnationales pour la domination des marchés.

 

Au demeurant nous ne faisons que constater la volonté populaire, car en rejetant la constitution de l’UE le 29 mai 2005, le peuple souverain a rejeté sa partie III qui résume les traités de Rome, Maastricht et Nice. L’Union Européenne et ses tenants ont été délégitimés, à la gauche réellement populaire d’en tirer toutes les conclusions.

 

    

 

  b)       Abrogation de toutes les contre réformes réactionnaires de l’UMPS  (autorisation du travail     de nuit des ouvrières et des moins de quinze ans, privatisations, accords européens de Lisbonne et de Barcelone, lois Fillon, plan Juppé, dérembousements de la Sécu etc…

 

 

c)    Reconstitution d’un large secteur public par la nationalisation sans indemnités du secteur    bancaire et financier et des entreprises du CAC 40 ;    renationalisation de la Banque de France et de l’ensemble du secteur public privatisé depuis 1983 (EDF-GDF, SNCF, Poste et Télécom, Air France, etc…). Abandon de l’€ et retour à la monnaie nationale (avec mesures de protection).

 

Mise en place d’une planification démocratique combinée à de larges pouvoirs de contrôle et d’intervention des travailleurs et des citoyens, dans le but d’aménager rationnellement le territoire.

 

Préservation et soutien de la petite et moyenne agriculture, la pêche artisanale, le commerce de proximité, l’artisanat. Relance de la réindustrialisation du pays en tenant compte des particularités locales et lutte sur le fond pour réduire massivement le chômage et élever le niveau de vie en créant des emplois productifs..

 

Rupture avec l’OMC et protection des productions nationales stratégiques. Interdiction des délocalisations et confiscation par l’Etat des entreprise qui ferment en étant bénéficiaires ou après avoir touché des fonds publics pour l’emploi ; mise en place d’une politique industrielle concertée avec les travailleurs concernés.

 

 

d)     Signature de nouveaux traités internationaux (non enfermés dans le cadre européen) du type de l’ALBA en Amérique du Sud. Traités fondés sur la coopération et l’échange et non sur la volonté de domination économique et sur la course au profit.

 

        Sortie de la France de l’OTAN et des traités similaires (ASEAN etc…)

 

 

e)     Large développement d’une démocratie populaire de lutte dans l’entreprise et sur les lieux de  vie.

 

Elargissement des droits de contrôle et d’intervention des Comités d’entreprises.

 

Abrogation de la constitution monarchique de la 5° République et élaboration d’une nouvelle constitution démocratique inspirée des principes de 1793 , de la Commune et du Conseil National de la Résistance.

 

Proportionnelle à toutes les élections. Abolition de toutes les lois anti immigrés, droit de vote pour ces derniers aux élections locales. Démocratisation des médias et contrôle des usagers sur ceux çi.

 

Abrogation des textes sur l’armée de métier, constitution d’une armée citoyenne exclusivement  au service de la défense nationale. Démocratisation et unification de la police.

 

 

f)       Politique planifiée de progrès social, tournée vers l’élimination du chômage, de la précarité et de la misère. Reconstitution et élargissement des grands acquis de 1945 dus à l’intervention des travailleurs et des ministres communistes :

 

Sécurité sociale, retraites par répartition, comités d’entreprises, conventions collectives

 

(Ambroise Croizat)

 

Statut de la fonction publique, statut du mineur, statut du fermage et métayage

 

(Maurice Thorez)    Nationalisations (Marcel Paul).

 

Mesures pour un enseignement public, laïque et gratuit de qualité. Développement de la recherche scientifique publique.

 

Amélioration sensible du niveau et de la qualité de vie du peuple (salaires, retraites et pensions, soins médicaux, indemnités de chômage) mais aussi logement social (réhabilitations, constructions, baisse de la quittance par le retour de l’aide à la pierre et l’abrogation de la TVA),confiscation des logements vides pour les mal logés,  dépollution de l’air et de l’eau ; taxation du transport par camions ; abrogation des cadeaux fiscaux et des subventions publiques au grand patronat ; abrogation des taxes et retour à l’impôt fortement progressif ; fiscalité pénalisant le grand capital, la spéculation boursière et immobilière, les très grandes fortunes ; lutte contre les « paradis fiscaux » et contrôle des changes et des capitaux.

 

Utilisation des banques pour soutenir la petite et moyenne agriculture, l’artisanat et les PME à créer des emplois stables et bien rémunérés. Transformation des emplois précaires en emplois stables.

 

Ces propositions sont indiquées à titre d’information. Nous savons qu’à l’heure actuelle les comités antilibéraux sont pour une transformation « du dedans » de l’Union Européenne, voire pour une « renégociation de la constitution » que nous croyons parfaitement illusoires.

 

Nous pensons même que c’est faute de fusionner la lutte pour l’indépendance nationale (dangereusement abandonnée à l’extrême droite qui en dévoie le contenu républicain vers la xénophobie et le racisme), la lutte pour la solidarité internationale et antiimpérialiste et la lutte pour le progrès socialque la « gauche de la gauche » ne parvient pas à se démarquer du PS et à contester le monopole politique de l’UMPS tout en abandonnant aux fascistes le glorieux drapeau de la Révolution française.

 

Cela dit, nous ne prétendons pas imposer nos idées, nous les soumettons à la discussion dans les comités de base comme auprès des animateurs du collectif national.

 

Espérant une réponse claire et rapide, notamment à notre demande d’entrevue, nous vous adressons nos salutations citoyennes et révolutionnaires.

 

                                                                                                                                               pour le PRCF

 

 

 Léon LANDINI                               Georges GASTAUD                     Jean Pierre HEMMEN

 

président délégué                             porte parole national         président du Comité Politique National

 

 

                                                                                                                   

 

 

                                                                                                                   

 

                                                                                                               

 

Rédigé par PRCF

Publié dans #France

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