RESOLUTION SUR LES PRESIDENTIELLES

Publié le 5 Mars 2007

Résolution du Comité politique national du PRCF à propos des présidentielles - 24 février 2007

 

 

Pour résister et construire une alternative populaire,

 

le PRCF propose un programme candidat de rupture progressiste avec l’U.E. du capital.

 

 

 

A la veille des présidentielles, la situation est marquée par des attaques patronales, gouvernementales et européennes d’une brutalité inouïe contre l’emploi industriel (automobile, EADS, etc.), l’Education nationale, l’hôpital public et l’ensemble des acquis du peuple français. Le mécontentement populaire est plus fort que jamais, même si beaucoup de citoyens se laissent aller au désespoir faute d’une alternative progressiste claire. Toutefois, si la 5ème République était démocratique, les prochaines élections permettraient au peuple de traduire dans une nouvelle orientation gouvernementale franchement progressiste le Non du 29 mai 2005 à la constitution européenne. Elles permettraient aussi d’engager la lutte contre la précarité, puisque 80% des Français ont soutenu le combat victorieux des étudiants contre le CPE. Mais les forces du grand capital, qui pourtant n’ont  en bouche que la « démocratie », ont mis en place un dispositif électoral visant à dévoyer l’aspiration populaire à un vrai changement démocratique.

 

 

I-              Un dispositif antidémocratique pour annuler le Non à la constitution européenne

 

II-                    

 

D’une part, les « grands candidats » autoproclamés, les Sarkozy, Bayrou et Royal sont TOUS favorables au Traité de Maastricht et à la constitution européenne qu’ils veulent nous faire avaler de force. Aucun ne veut interdire les délocalisations, annuler les privatisations et les autres contre-réformes des gouvernements UMP-UDF et PS qui se sont succédés depuis 1992 (date d’entrée en vigueur du traité de Maastricht soutenu par Chirac et Mitterrand).

 

 

En outre, dans le cas où le suffrage universel rejetterait les candidats maastrichtiens UMP/PS/UDF, la grande bourgeoisie tient en réserve Le Pen et ses solutions ouvertement racistes et fascistes.

 

 

Enfin, encouragé par Royal, qui ne propose au mieux que des mesurettes, l’inquiétant Sarkozy propose une « rupture » ultra-réactionnaire inspirée de Thatcher et Berlusconi : enfant chéri du MEDEF, ouvertement soutenu par les va-t-en-guerre Bush et Blair, héritier de la noblesse hongroise fasciste et anticommuniste, l’ex-maire de Neuilly veut liquider les retraites, la Sécu, la loi laïque de 1905, l’Education nationale et les autres services publics ; dès son arrivée éventuelle à l’Elysée, il s’apprête à étrangler le droit de grève, à briser le statut de la fonction publique, à mater le mouvement ouvrier, enseignant et étudiant et à aggraver le flicage de la population : avec Sarkozy « tout sera possible »… oui, mais seulement pour le MEDEF, pour l’impérialisme US et l’Europe atlantique et pour les forces de répression !

 

 

Quant à la « gauche anti-libérale », les Bové, Besancenot, Buffet, Laguiller s’accordent, malgré leurs rivalités, pour prôner la mensongère « Europe sociale » assortie de la prétendue « renégociation » de la constitution européenne : cela revient à accompagner « de gauche » la construction d’un Super-Etat européen impérialiste qui menace la démocratie, la paix et le progrès social.

 

 

Enfin, en multipliant les obstacles financiers et institutionnels (le candidat le plus « pauvre », G. Schivardi, annonce qu’il dispose de 600 000 euros pour mener campagne), le système électoral bourgeois interdit pour l’instant à un vrai candidat commu-niste de porter à la fois dans la campagne électorale le drapeau tricolore et le drapeau rouge, seul moyen d’incarner vraiment le 29 mai: or, défendre à la fois la classe ouvrière et la nation, c’est ce que faisait le PCF avant d’être dénaturé par la « mutation » de Hue-Buffet et de siéger au gouvernement de Jospin qui a dynamité le secteur public et installé l’euro, qui « plombe » nos acquis sociaux, nos salaires et nos exportations !

 

 

 

 

II . Notre tactique électorale

 

 

(Avertissement : les analyses et recommandations qui suivent ne constituent pas des consignes formelles de vote : devant une offre politique gravement dégradée, le Comité politique national prend ses responsabilités en conseillant les militants et sympathisants PRCF sur un plan tactique. Mais il revient à chacun, au 1er comme au second tour, de se déterminer en son âme et conscience. Avant tout unissons-nous dans l’action sur notre stratégie notamment en diffusant notre programme-candidat).

 

 

Au 1er tour : voter à gauche de Royal pour prolonger le 29 mai 2005, contrer la marche à la bipolarisation et construire la future opposition populaire à un(e) président(e) maastrichtien(ne) !

 

 

 

Dans cette situation, certains progressistes sont tentés par l’abstention. Le PRCF les met en garde fraternellement. Même si la présidentielle n’ouvre aucune perspective progressiste, elle peut très gravement détériorer le rapport des forces politiques au détriment des travailleurs. Pour passer ultérieurement à l’offensive, les travailleurs doivent d’abord savoir se défendre !

 

 

Ainsi, au 1er tour, les médias du capital poussent en avant Royal et Bayrou pour marginaliser les forces de gauche qui ont voté Non le 29 mai 2005. Le camp du capital veut installer à jamais en France une alternance bidon à l’américaine autour de l’UMP, de l’UDF et du PS ; la grande bourgeoisie veut détruire la gauche du Non, et avec elle, l’espace politique nécessaire à la résistance à l’Europe capitaliste.

 

 

C’est pourquoi le PRCF conseille de voter au 1er tour pour un candidat à la gauche de Royal. Le Comité politique national du PRCF laisse chacun juge du choix de son candidat à la gauche de Royal. Mais il soumet aux progressistes les critères politiques suivants :

 

 

a)             un vrai progressiste doit refuser d’avance tout soutien politique, fût-il critique, à la fausse gauche pro-Maastricht : de ce point de vue, le positionnement de M.-G. Buffet, qui ne se présente même pas sous les couleurs du PCF, est inquiétant : l’ex-ministre de Jospin, qui veut la réussite de « toute la gauche », s’inscrit à demi-mot  dans une majorité parlementaire autour de Royal : on a déjà donné en 1997/2002 et entre 1981 et 1984 !

 

 

b)             un vrai progressiste ne doit en aucun cas axer sa campagne sur la remise en selle de la constitution européenne ; il doit aussi rejeter l’actuelle campagne européenne de criminalisation du communisme, car la chasse aux sorcières anticommuniste est l’arme n°1 de la fascisation ; or, Bové veut transformer le parlement européen en « constituante européenne » ; il mène une virulente campagne anticommuniste, digne de Sarkozy, notamment en calomniant l’histoire de la résistance communiste.

 

 

c)             L’axe de notre « programme candidat » est de rejeter sur le fond l’Europe de Maastricht ; il est positif à ce sujet que G. Schivardi (candidat soutenu par des maires ruraux et par le Parti des Travailleurs) milite pour que la France sorte de l’U.E. Mais le PT sera-t-il capable de rompre avec son vieux sectarisme anticommuniste pour unir les progressistes opposés à Maastricht ? A lui de répondre sans équivoque.

 

 

d)             Compte tenu des équivoques que comportent les candidatures « antilibérales », certains camarades pensent utiliser au 1er tour un bulletin rouge ou voter à l’aide d’un « programme candidat ». Ils doivent cependant savoir qu’un tel vote sera officiellement comptabilisé comme nul.

 

 

 

2ème tour :  vote de barrage antifasciste à Le Pen et à Sarkozy !

 

 

Au 2ème tour, les hommes du MEDEF veulent aller encore plus loin : après avoir tenté de laminer le Non de gauche au 1er tour en poussant Royal ou Bayrou, ils veulent faire élire Sarkozy. Or, au-delà des flatteries méprisantes qu’il adresse aux ouvriers (écrasés par sa politique !), cet héritier de la noblesse hongroise fasciste et anticommuniste veut araser les conquêtes sociales de 1945 et de 1968 ainsi que les acquis laïques et républicains de la Révolution française. Cet individu assoiffé de pouvoir veut aggraver sa chasse aux ouvriers immigrés tout en applaudissant les « bons Français » milliardaires qui planquent leur magot en Suisse ; son entourage UMP veut criminaliser le communisme, liquider l’esprit rebelle de 68, passer au parlement la constitution européenne. Sarkozy est à court terme un danger mortel pour la démocratie, pour les communistes et pour le mouvement ouvrier : il serait donc grave de sous-estimer ce danger.

 

 

Aussi, sans se faire la moindre illusion sur Royal ni sur Bayrou (eux aussi entièrement au service de Maastricht et du capital), il faudra que les progressistes barrent la route à Sarkozy, car il n’est pas indifférent pour la future résistance populaire d’avoir en face d’elle un « pitt-bull du MEDEF » ou un représentant plus classique de la démocratie bourgeoise : certes Royal est « vendue » au capital et à Bruxelles, certes elle n’est même pas une antifasciste ; certes certains traits de son programme sont franchement réactionnaires ; mais compte tenu de sa base électorale, elle sera obligée soit de louvoyer avec le mouvement populaire soit de se démasquer en l’affrontant brutalement, ouvrant ainsi une brèche aux vrais communistes et à la gauche anti-capitaliste. Un vote de barrage à Sarkozy (ou à Le Pen) ne serait que purement tactique et circonstanciel. Il n’impliquerait aucun soutien politique, fût-il critique, à la social-démocratie qu’il est aussi vain de vouloir « infléchir à gauche » que de vouloir « infléchir à gauche » l’Europe supranationale. Au contraire, ce vote tactique devra s’accompagner d’une dénonciation claire de Royal et de son programme maastrichtien, de Bayrou (et de sa resucée de la « troisième force ») assorti d’un appel clair à L’OPPOSITION POPULAIRE au futur président maastrichtien, quel qu’il soit.

 

 

Dans le cas où Le Pen serait au second tour contre Sarkozy, nous appellerions au boycott antifasciste car on ne choisit pas entre un fasciste et un semi-fasciste (Sarkozy vient de faire préfacer la traduction italienne de son livre par Fini, le « duce » du parti néofasciste italien qui vient de demander l’interdiction des partis communistes en Italie et en Europe). Dans ce cas dramatique, le PRCF prendra des dispositions pour préserver son organisation et pour appeler avec d’autre à la résistance et à la désobéissance civique à ces apprentis dictateurs dont le programme est digne de Vichy !

 

 

Naturellement, le CPN du PRCF se réunira comme prévu entre les deux tours pour affiner sa position. 

 

 

3°) un programme candidat de rupture progressiste avec l’Union européenne du capital pour construire une véritable alternative populaire !

 

 

La tactique électorale peut au mieux « limiter les dégâts ». Pour construire un vrai changement progressiste, le PRCF axe sa campagne, en lien avec la Gauche communiste du PCF, sur un PROGRAMME CANDIDAT ; il s’agit de sortir la France de l’UE, de rompre avec l’euro qui « plombe » notre pouvoir d’achat, nos exportations et nos dépenses sociales, de réindustrialiser le pays en s’appuyant sur un puissant secteur public, de démocratiser radicalement la vie politique du pays. Comme en Amérique latine, où un processus révolutionnaire se développe autour de Cuba socialiste, de la Bolivie d’Evo Morales et du Venezuela d’Hugo Chavez, il faut associer la lutte pour le socialisme à la lutte pour l’indépendance nationale. Cela implique de construire une nouvelle République sociale, souveraine et démocratique pour reprendre la lutte pour une vraie société socialiste. Le PRCF appelle à discuter ce programme dans les entreprises et sur les campus.

 

 

4°) Unité d’action des vrais communistes ! Front de Résistance Antifasciste, Patriotique et Progressiste pour sortir la France de la fascisante UE du capital!

 

 

 Tant qu’il y eut en France un vrai PCF, le capitalisme restait sur la défensive. La « mutation » du PCF, sa conversion à l’Europe du capital, son arrimage au PS et son reniement des idées révolutionnaires de Lénine, permet la dérive à droite de toute la société ! Alors, au moment où le PCF muté est en passe d’imploser par la faute de ses dirigeants mutants et refondateurs, communistes, membres ou pas du PCF, reconstruisons ensemble un vrai parti communiste en privilégiant l’unité d’action communiste et mettons au cœur de notre action les travailleurs et la jeunesse !

 

 

Le PRCF s’adresse aussi à tous les républicains progressistes : nous tous qui refusons le fascisme lepéniste ou sa version BCBG sarkozyste, nous tous communistes, socialistes, radicaux, croyants et incroyants respectueux de la laïcité, républicains de tradition gaulliste, syndicalistes de lutte, qui avons compris qu’il n’y a rien à espérer de l’U.E. supranationale, unissons-nous dans un Front de Résistance Antifasciste, Patriotique et Progressiste pour sortir la France de la fascisante U.E. à l’occasion du 50ème anniversaire du ruineux Traité de Rome !

 

 

Rédigé par PRCF

Publié dans #France

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