Après la ré-élection de Barack Obama

Publié le 10 Novembre 2012

 

ELECTIONS AUX ETATS-UNIS

 

Il y a quatre ans le PRCF faisait l’analyse suivante de l’élection de Barak Obama comme 44e président des États-Unis:


OBAMA, ou le nouveau visage de l’impérialisme américain

 "Même s’il comprend la joie et la fierté de millions de pauvres, d’ouvriers, d’intellectuels progressistes, de Noirs, de Latinos et d’autres progressistes états-uniens qui ont le sentiment de “tourner la page” avec la victoire d’Obama, le PRCF invite les progressistes de France à ne pas céder à l’obsédante “obamania” journalistique. Celle-ci vise à masquer la nature de classe du régime US, une ploutocratie capitaliste impitoyable, brutale et belliqueuse, dont les partis “démocrate” et “républicain” constituent le parti unique à deux faces.

Certes il est positif que Mc Cain, sa colistière pré-fasciste Pallin et à travers eux, le dangereux Bush, aient été balayés par les électeurs. Comme il est positif que, même de manière illusoire, des millions d’Américains exploités relèvent la tête, affichent leurs aspirations sociales et pacifiques, ce qui obligera Obama (au moins au début) à louvoyer avec son électorat qui veut le “changement”.

Il est également positif que le néolibéralisme sous sa forme la plus brutale ait subi un début de défaite idéologique suite à la crise financière qui n’est que la face émergée de la crise du capitalisme. Ce recul de l”idéologie ultra-réactionnaire du néolibéralisme et du néo-conservatisme est d’ailleurs moins liée au “charisme” d’Obama, dont le programme est des plus flous, qu’au courage des résistants irakiens, à l’intelligence politique du PC de Cuba et des pays de l’ALBA qui ont tenu tête à l’Empire, ainsi qu’aux courageux progressistes américains qui luttent dans des conditions difficiles, voire dangereuses.

Mais les faits sont là: au fur et à mesure que la campagne présidentielle avançait, les monopoles capitalistes US ont massivement misé leur argent sur Obama qui n’aura rien à leur refuser: qui paie les musiciens choisit la musique! Sans doute Obama prendra-t-il initialement des mesures cosmétiques pour rogner les plus grossières atteintes aux droits de l’homme de la dictature capitaliste US, mais remettra-t-il seulement en question la condamnation injuste des Cinq de Miami ou de Mumia, interdira-t-il à 100% l’usage indigne de la “question” par l’armée US ou par ses affidés d’Israël, agira-t-il un tant soit peu contre la peine de mort massivement utilisée contre les Afro-Américains? Condamnera-t-il les licenciements de masse dans l’industrie américaine, l’expulsion qui menace des millions de salariés victimes des prêts hypothécaires, l’état d’abandon social où demeurent plus de cinquante millions de travailleurs pauvres privés de couverture sociale, et parfois de toit? Nous ne parierions pas là-dessus!

Sur le plan de la politique étrangère, Obama va “prouver son patriotisme” en intensifiant la guerre impérialiste en Afghanistan et en poursuivant le projet d’encerclement de la Russie de son prédécesseur; son projet de retrait d’Irak n’engage en réalité à pas grand chose. Et surtout, l’impérialisme US, son aristocratie financière arc hi-milliardaire et son énorme médiatico-militaro-industriel, continueront à tirer les ficelles derrière le carnaval pseudo-démocratique.

Pour que cela change vraiment, il faudra tout autre chose qu’une élection à grand spectacle où les milliards ont valsé plus que jamais, excluant par avance toute intervention indépendante de la classe travailleuse. Il faudra surtout que les travailleurs s’organisent par eux-mêmes indépendamment de ces appareils de la grande bourgeoisie que sont les parti “démoblicain” et “répucrate”, ainsi que le haut état-major des syndicats acquis au capitalisme. Et c’est pour cela que le travail des marxistes du WWP et du PC-USA, des mouvements anti-impérialistes et des organisations luttant pour l’égalité des droits, est historiquement si important.

Dans l’immédiat, il faut prendre garde que les illusions sur Obama ne donnent un nouveau souffle à l’impérialisme US en perte de vitesse; ne laissons pas le souriant Barak rendre à nouveau présentables les projets impériaux que Bush n’arrivait plus à “vendre”: déstabilisation de Chavez et de Morales, subversion douce et/ou brutale de Cuba socialiste, sans parler de l’entreprise indolore et si menaçante pour l’avenir culturel de la planète, d’américanisation (nous n’avons pas en vue la culture américaine d’avant-garde mais l’industrie lourde de l’aliénation des esprits) de tous les pays du monde, de destruction de leurs langues par le “tout anglais” d’uniformisation totalitaire des manières de penser, de voir, de manger, de s’habiller, etc.; de cette américanisation, Sarkozy est le principal vecteur en France et pour les progressistes français, l’opposition à l’impérialisme américain commence par la résistance à la clique au pouvoir à l’Élysée et à ses pseudopodes Strauss-Kahn et Lamy, les “socialistes” français qui pilotent de Washington les institutions financières et commerciales du capitalisme parvenu dans son stade le plus régressif.

Donc, travailleurs et progressistes des États-Unis et de tous les pays, pas “d’état de grâce” pour Obama qui sans cela, comme Clinton naguère, ne sera pas long à renoncer à ses vagues promesses sociales pour relancer la machine à tuer de l’impérialisme le plus cruel qui soit. "

 

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4 ans ont passé... Comment ne pas saluer, sans fausse modestie, la lucidité de l’analyse du PRCF sur Obama.

Demain les citoyens des États-Unis vont-ils désigner leur président ? On peut répondre sans trop d’hésitation, non.

Pourquoi cette affirmation qui peut surprendre tant les médias de masse nous font le panégyrique de l’excellence de la « grande démocratie américaine » ?

Un peu d’histoire. Lors que sont fondés les États-Unis d’Amérique  les classes dirigeantes, qui sont les classes possédantes, grande bourgeoisie et aristocratie (y compris esclavagiste surtout dans le Sud) décident que le vote du président se fera sur la base d’un vote indirect.  Le but de cette disposition est de mettre ainsi un barrage au vote populaire porteur de revendications sociales et politiques des masses. C’est bien la peur des masses populaires puis du prolétariat justifie donc ce suffrage indirect.Ce système perdure aujourd’hui puisque ce sont finalement les grands électeurs qui désignent le président et non le suffrage direct. Ainsi par deux fois ce n’est pas le candidat qui recueille le plus de voix qui est élu mais celui qui a la majorité des grands électeurs. Ce fut le cas de G. Bush junior.

Le rapport à l’argent est bien évidement un aspect spectaculaire du système politique étasunien. Les campagnes des candidats coûte de plus en plus cher : 1,3 milliards de dollars ont été recueilli par chacun des deux candidats Romney et Obama. Cela veut dire que les grands groupes industriels et financiers financent les candidats des deux grands partis et il faudrait être très naïf ou très menteur pour ne pas en tirer la conséquence logique qui est que ces deux candidats serviront les intérêts de ces grands capitalistes, ceux-ci exigeant un retour sur investissement. Sans oublier la visibilité que donnent ces sommes fabuleuses à ceux qui en sont bénéficiaires.

Le bipartisme (parti démocrate et républicain) permet également de contrôler le vote puisque les citoyens n’ont finalement qu’un choix entre deux candidats….de droite. C’est-à-dire pas de vrai choix alternatif à la poursuite de la même politique dans ce qu’elle a de fondamental. C’est bien le règne du parti unique du Capital et de l’impérialisme.

C’est cela qui est fondamentalement la cause d’une abstention massive : pas d’enjeu fondamental, pas de défense des intérêts populaires et donc désintérêt pour l’élection : en 2008 lors de la campagne présentée comme « historique » puisqu’un métis, Obama, se présentait le taux d’abstention ne fut « que » de….43,1% ! Il est en général de 50% et touche évidement les classes populaires. Cela fait évidement l’affaire des deux partis institutionnels puisque c’est un véritable vote censitaire qui exclue les masses populaires qui s’est mis en place. D’ailleurs tout est fait pour cela : le vote a lieu un mardi (on ne vote pas le jour du « seigneur », laïcité avez-vous dit ?….) il prends souvent plusieurs heures (on vote le même jour pour le président mais aussi le juge, le shérif etc) et donc le travailleur est objectivement en difficulté. Sans compter toute une série de mesures « techniques » mise en place de tous temps pour empêcher le vote populaire ce n’est qu’en 1966 qu’ un impôt pour voter fut supprimé par
la Cour Suprême et ce n’est qu’en 1964 que le vote des Noirs fut affirmé : jusque là dans le Sud il n’y avait que 4 à 15% des Noirs qui votaient….Comme le structure de classe et la structure ethnique se recoupent aux États-Unis le ségrégation ethnique et sociale se recoupent aussi : ce sont bien les classes populaires qui sont exclues de fait des élections. D’ailleurs seulement entre 30 et 40% des Hispaniques et 20 et 30% des Noirs votent aux élections. Des entraves techniques sont mises au vote (complexité des démarches pour s’inscrire sur les listes électorales) des classes populaires, des découpages de circonscriptions malhonnêtes permettent de diminuer le nombre de représentants des classes populaires et des minorités ethniques, ce qui revient au même.

Le système judiciaire est souvent sollicité dans ce but par la criminalisation des populations pauvres privées de leurs droits politiques à la moindre infraction. D’ailleurs ceux qui se félicitent de l’importance de l’intervention du système judiciaire dans la vie politique américaine oublient que cela entraîne une réversibilité des décisions : par exemple si Romney   est élu il va nommer deux membres de la Cour Suprême et va du coup s’appuyer sur cette institution pour casser la disposition juridique qui permet l’avortement aux USA puisque la majorité pro avortement à la Cour Suprême n’est que d’une seule voix.

Bref le système étasunien est fondamentalement antidémocratique et cela de façon consciente et délibérée de la part des classes dirigeantes.

Soulignons pour revenir dans notre hexagone combien est consternante l’attitude des médias vis à vis des USA : la place accordée aux présidentielles étasuniennes comme d’ailleurs la place accordée aux effets de la tornade à New-York est extravagante. La tornade a frappé Cuba, Haïti….rien. Elle frappe les E.-U. Et c’est une couverture quotidienne, comme s’il y avait deux sortes de victimes…Quant aux présidentielles les classes dirigeantes et leurs chiens de garde médiatique semblent vouloir nous faire admettre que nous devons suivre heure par heure ce qui se passe au cœur de l’Empire, notre maître à tous.

Pour conclure sur cet Empire un seul chiffre : un enfant sur cinq vit en dessous du seuil de pauvreté aux États-Unis. Cela dans le pays capitaliste le plus riche et le plus puissant du monde.

 

 

AM pour la Commission internationale.


Rédigé par PRCF 38

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