Après le congrès du PCF-PGE

Publié le 14 Février 2013

UNITÉ D'ACTION, TOUT DE SUITE !

 

Pierre Laurent et toute la direction du PCF-PGE ont traité avec mépris les camarades qui ont mal vécu l'effacement de la faucille et du marteau des cartes du PCF et le remplacement des outils par le sigle du Parti de la Gauche Européenne (PGE).


Ringards, nostalgiques, passéistes, staliniens, attardés.... On a le choix.


Certes il est légitime pour des réformistes de vouloir rompre avec « la matrice léniniste » et le marxisme-léninisme. Logique que les réformistes rejettent le type d'organisation proposé par le courant révolutionnaire du mouvement ouvrier (cellules, écoles, etc). Logique donc que les symboles du communisme soient  effacés par des hommes qui rejettent comme obsolète l'analyse marxiste, les principes marxistes, l'organisation et la pensée de Lénine. Mais l'attitude et le discours qui a accompagné cette mesure est à la hauteur de ceux qui l'ont prise, médiocre. Cependant soyons lucides.


Certes cela s'est fait sans consultation démocratique au sein du parti....et alors ? Lorsque celui-ci est consulté nous n'avons pas vu, au-delà des manipulations d'appareil, un sursaut communiste. Au contraire il y a une adéquation de plus en plus évidente entre une fraction majoritaire des militants du PCF et la direction réformiste.


Et surtout cette évolution n'est pas un coup de tonnerre dans un ciel serein ! Depuis des années (on peut commencer cette dégradation à des dates différentes mais sans doute que l'abandon du concept de dictature du prolétariat fut un moment important du processus) le PCF mute. D'abord sans le dire, puis en assumant franchement sa mutation.


Comment ne pas penser à l'histoire de la IIe Internationale, commençant marxiste et finissant dans la trahison de 14 ? Comment ne pas être frappé par l'évolution d'un parti qui commence son existence en se battant contre la guerre du Rif et finissant par approuver son impérialisme en Yougoslavie, au Mali ou en Syrie. En aucun cas nos camarades attachés, à juste titre, aux outils ne peuvent être étonnés. C'est au contraire une saine clarification qu'effectue la direction du PCF : elle élimine des symboles qui ne correspondent plus à ce qu'est devenu le parti. Le changement de nom sera l'ultime étape, comme ce fut le cas pour le PCI. Inutile d'attendre cette décision pour agir, agir en révolutionnaires, en communistes.


Recoller la faucille et le marteau sur la carte du PCF c'est un geste de négation de la réalité. C'est faire comme un enfant qui ferme les yeux pour se cacher, pour ne pas être vu. Tirons plutôt ensemble les conséquences, toutes les conséquences, de la situation objective. Quittons le « royaume éthéré du rêve, l'empire des pieux souhaits, la politique de l'imaginaire », comme disait Karl Marx.


Bien entendu on peut considérer que le plus efficace est de rester au PCF-PGE. Mais évitons de faire comme nos camarades de la Section du 15e qui trouve insultant d'appeler leur parti ainsi qu'il se nomme lui-même... Mais surtout à quoi sert de palabrer une fois encore et de façon théorique autour d'une telle problématique? Voyons plutôt comment faire face ensemble à cette dégénérescence réformiste du PCF.


Nous ne voyons qu'une seule réponse qui pourrait se déployer immédiatement. Et il y a, reconnaissons-le, urgence. Urgence d'abord pour la classe ouvrière et les prolétaires précarisés, fragilisés, éclatés, insécurisés. Pour la nation brisée par en haut avec l'UE et par en bas avec la décentralisation-reféodalisation. Une seule réponse donc : l'unité d'action. Nous partageons de nombreuses et importantes analyses stratégiques, appuyons nous donc sur ces terrains d'accord pour agir ensemble.


Bien entendu face au Congrès de Tours à l'envers effectué par la direction du PCF-PGE, on peut penser que la réponse à moyen terme sera un nouveau Congrès de Tours refondant le Parti Communiste de France. Pour notre part nous y sommes prêts, c'est même un objectif fondamental fixé à la renaissance communiste. Mais nous ne nous autoproclamerons pas Parti Communiste, nous devrons, ensemble, être reconnu comme tel par la classe, conquérir et mériter ce titre.

 

De notre capacité à l'unité d'action dépendra l'avenir. « Socialisme ou barbarie », n'oublions pas l'enjeu de civilisation que sous-tend notre combat.

 

AM  13 février 2013

Rédigé par PRCF 38

Publié dans #France

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