Goodyear : communiqué PRCF

Publié le 23 Février 2013

Face au patron-« grizzly » de Titan, et à la mollesse des réactions de Hollande,

 

POUR L'HONNEUR et la DIGNITE de la FRANCE

 

Par Eric Macia, ancien membre du CC du PCF, ancien secrétaire fédéral de l’Hérault, membre du CC du PRCF

 

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Depuis des mois, le personnel de l'usine Goodyear à Amiens lutte pour sauver l’entreprise de la liquidation. Le gouvernement cherche un repreneur. Pour cela, il a sollicité M. Taylor, PDG américain du groupe Titan. Voici un extrait du courrier de réponse de M. Taylor à A. Montebourg :

 

« Les salariés français touchent des salaires élevés mais ne travaillent que trois heures. Ils ont une heure pour leurs pauses et leur déjeuner, discutent pendant trois heures et travaillent trois heures. Je l'ai dit en face aux syndicalistes français. Ils m'ont répondu que c'était comme ça en France (...). Monsieur, votre lettre signale que vous voulez que Titan démarre une discussion. Vous pensez que nous sommes si stupides que ça ? Titan est celui qui a l'argent et le savoir-faire pour produire des pneus. Qu'a le syndicat fou ? Il a le gouvernement français. (...) Titan va acheter un fabricant de pneus chinois ou indien, payer moins de 1 euro l'heure de salaire et exporter tous les pneus dont la France a besoin. Vous pouvez garder les soi-disant ouvriers. Titan n'est pas intéressé par l'usine d'Amiens nord. »

 

 

Cette réponse insultante d’un patron américain à un ministre de la République française interpelle chacun d'entre nous 

 

1 - Le patronat au niveau mondial méprise les dirigeants politiques de chaque Etat dont la France.

2- Ce courrier montre qui mène la danse : le patronat mondial et la finance internationale. Après Mittal, voici Taylor, mais c'est l'ensemble du patronat mondialisé qui pense et agit ainsi.

3- Cette réaction de Taylor montre aux peuples contre qui agir.

4- Si le patronat international agit ainsi, c'est qu'il a la conviction de ne pouvoir être atteint. Les divers renoncements des gouvernements à l'indépendance nationale, l’alignement rapide de François Hollande sur les revendications du MEDEF (rapport Gallois) permettent d’accréditer cette idée. Depuis la mise en place de l’euro, la France ne maîtrise plus sa politique monétaire (qui règlerait la question de l'endettement national). Elle ne maîtrise plus sa politique économique (l'Europe s'oppose aux choix nationaux et les gouvernements successifs baissent la tête). La France ne maîtrise plus grand chose !

5- Il faut riposter aux propos de Taylor par des actes courageux. Il y va de l'honneur de la France, de son avenir, voire de son existence. Le peuple de France, son gouvernement – quoi qu’on pense de ce dernier – n'ont pas à se laisser traiter ainsi. Accepter ce traitement indigne c'est renoncer à l'honneur !

 

 

Que disent, que veulent et que font le patronat et la finance mondialisés ?

 

1- Les ouvriers, employés et cadres des pays européens doivent accepter des baisses conséquentes de leurs salaires et de leur niveau de vie

2- Quoi qu'il arrive, les conditions doivent équivaloir à celles des ouvriers chinois, indiens ou autres dans le monde. Lesquels, par bonheur pour les ouvriers français, luttent de plus en plus et imposent des hausses de salaires.

4- Les entreprises ferment en France et en Europe pour ouvrir ailleurs dans le monde.

5- Il s'agit d'un recul de société et une atteinte sans précédent contre les acquis sociaux : remise en cause des salaires et du droit du travail, remise en cause des conditions de travail et de vie, de la Sécu et des retraites. Le capitalisme veut nous renvoyer au 19e siècle !

 

 

Peut-on agir contre ces patrons et contre la finance mondiale ?

 

1 - oui, car les patrons ont aussi besoin de vendre leurs produits sur le territoire français et européen. Bloquons et taxons les produits issus des délocalisations ! Il faut que le patronat perde de l’argent à chaque délocalisation. Nous connaissons les entreprises et les produits concernés. C'est de la Haute Trahison que de fermer chez pour ouvrir ailleurs et revendre en France, les patrons qui décident cela doivent, de même que ceux qui font fortune en France puis se font naturaliser belges pour contourner l’impôt, trahissent leur pays et doivent être traités comme tels !

2- Il faut regarder à deux fois avant de favoriser ou accompagner le transfert des technologies de France vers d'autres pays. Cela ne doit pas se faire au détriment de l'intérêt national, de l'intérêt du peuple de France. Toute autre politique revient à « manger les œufs dans le cul de la poule » !

3- Chaque entreprise a une base nationale. Les grandes entreprises doivent être sous haute surveillance lors que projets internationaux. Il faut que soient condamnés par les tribunaux les décideurs de délocalisation.

 

 

Comment agir ?

 

1-    D'abord il faut la volonté politique : il faut résister aux exigences du patronat et de la finance. Cette volonté, le gouvernement Hollande ne l’a pas.

2- il faut des actes. La nationalisation est une arme. L'action aux frontières est une également.

3- ça ne viendra pas spontanément : il faut la pression populaire pour que des mesures soient prises

 

 

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Et pour Goodyear ?

 

1 - Nationaliser, sans indemnité pour les grands actionnaires !

C'est la première chose à faire et produire les pneus dont la France a besoin. Y compris par l'appui de subventions d'Etat jusqu'au niveau de rentabilité nécessaire (subventions aux acheteurs ? crédits d'impôts incitatifs ? Ne vaut-il pas mieux aider la production que de payer des chômeurs ? Nous savons tous que ce ne peut être une solution à long terme mais jusqu'a ce que soit atteint le point d'équilibre et la rentabilité, c'est un moyen ; et une fois la rentabilité retrouvée, que les profits reviennent à la nation et aux salariés !). Et bien entendu, cela implique que les actionnaires qui ont bénéficié de l’entreprise tant qu’elle était juteuse pour eux, soient lourdement mis à contribution, car ce n’est pas au contribuable d’éponger les dettes et aux patrons d’empocher les profits.

2- Oui, il faut bloquer les voyous. Les produits de Titan (Taylor) doivent faire l'objet d'une attention particulière comme ceux de Good Year international et d'autres encore qui ferment en France pour délocaliser en Chine ou ailleurs et revendre chez nous! Ils doivent être taxés lourdement à l'entrée en France. Ils doivent être dissuadés de se comporter en voyous. C'est le cas pour un nombre important d'entreprises qui ferment ! Il faut l'action résolue de l'Etat. Il faut rendre « Goodyear nationalisée » rentable avec l'appui de l'Etat. Pour cela il faut évidemment que la France SORTE du libre-échangisme européen et mondial au lieu de rêver de l’impossible « Europe sociale ».

3- Il ne faut pas hésiter à saisir les biens des patrons voyous. Le pays peut se rembourser aussi en frappant fort aux porte-monnaies des patrons crapules.

4- Il faut interpeller les députés dans chaque circonscription de France, exiger que l'Assemblée Nationale saisisse le gouvernement et imposer une action ferme face à Taylor et toutes les crapules du grand patronat et de la finance mondiale.

 

 

Qui pourrait agir ainsi ?

 

1 - La droite ? Non, ce sont leurs amis et commanditaires. On a déjà donné !

2 - Le FN ? Non, ce sont aussi leurs amis et commanditaires. Le FN sert à détourner la légitime colère populaire.

3- La Gauche établie ? Est-elle capable d'agir ? L'histoire a malheureusement montré que le PS cédait toujours aux injonctions du patronat et de la finance. Hollande cède à tous coups. Montebourg s'agite mais ce sont des mots sans suite, sans décision, sans actions. Le PS ? On a déjà donné aussi !

4- Il faut un poids plus grand des communistes pour que le gauche relève la tête.  Le PCF actuel n'est que l'ombre du grand parti des travailleurs qu'il a été et il vient encore de le montrer en reniant la faucille et le marteau et en forçant chaque adhérent du PCF à devenir du même coup adhérent du Parti de la Gauche Européenne, cet appendice de l’Internationale socialiste.

 

Le PRCF s'engage dans la voie du redressement de l'influence communiste et du renouveau national. Son influence grandit mais il y a du chemin à faire et il a besoin de l’engagement des vrais communistes, de leur rupture avec l’ « attente des jours meilleurs ».

La mobilisation des salariés, du peuple de France peut faire bouger le gouvernement, les partis de gauche. L'action du peuple de France et le renforcement du PRCF sont la voie par laquelle un horizon meilleur peut émerger.

 

Le PRCF est aux côtés des salariés de Goodyear et de tous ceux qui en France s'élèvent contre les diktats de la finance, du patronat et de l’Union européenne.

 

Rédigé par PRCF 38

Publié dans #France

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