Buisson et fascisation
Publié le 6 Mars 2014
Qu’y a-t-il d'important dans cette nouvelle « affaire » qui fait le une des médias ?
On peut résumer la réponse par un terme : fascisation.
La pénétration au plus haut niveau de l'État d'un personnage qui est un fasciste doit faire comprendre à ceux qui sont encore aveugles que le processus de fascisation ne touche pas seulement l'Ukraine ou la Hongrie mais aussi la France et l'UE en général.
Il ne s'agit pas seulement de la montée de groupes fascistes et nazis mais de la conviction de plusieurs cercles des classes dirigeantes/possédantes de préserver leurs intérêts de classe avec l'option fasciste.
La présidence Sarkozy représente à cet égard une étape qualitative importante. C'est pourquoi nous ne confondions pas Sarkozy et Chirac : deux ennemis de classe mais non identiques. Ne pas comprendre des courants qui traversent la classe ennemie, c'est commettre une faute politique majeure.
On connait la définition que donnait Dimitrov et à sa suite l'Internationale au fascisme :
« le fascisme est la dictature terroriste ouverte des éléments les plus réactionnaires, les plus chauvins, les plus impérialistes du capital financier ».
Si cette phrase a un sens, elle différentie, au sein des la bourgeoisie, les éléments qui optent pour le fascisme et les autres.
La différentiation est donc importante et explique que le léninisme nous apprend à définir un ennemi principal et donc à choisir (quand on le peut) notre ennemi.
Aujourd'hui que constatons nous ? Une offensive sans précédent depuis la fin de la guerre du grand capital contre le monde du travail, classe ouvrière en tête. Une offensive qui se déploie mondialement et avec des outils institutionnels qui répondent aux exigences du capital (UE, OTAN, FMI etc...).
Bien entendu cette offensive n'est pas sans effet et n'est pas sans provoquer des réactions populaires, c'est-à-dire de la part de ceux qui subissent le recul de leurs conquêtes, de leurs droits, de leur niveau de vie.
Et c'est pour faire face à cette résistance potentiellement révolutionnaire que la bourgeoisie lorgne vers le fascisme, à la fois pour briser le mouvement ouvrier et populaire et en même temps pour stériliser la colère populaire en la drainant vers le fascisme, lui offrant ainsi une base de masse.
Le pouvoir actuel, quant à lui, poursuit la politique de fascisation :
1-en continuant, voire en aggravant, la politique de réaction et de régression sociale de l’équipe précédente ;
2-en s'alignant sur l'impérialisme américain et en menant un politique belliciste tout azimut ;
3-en brisant, au profit de l'UE (outil supranational du capital), la souveraineté populaire et l'indépendance nationale. Il crée les conditions du renforcement du fascisme en France.
Ajoutons à cela une double manipulation tactique du la part du PS et de ses partis vassaux :
1-affaiblir la droite en instrumentalisant et valorisant le fascisme
2-en même temps diaboliser la vraie gauche, accusée de faire le jeu du fascisme si elle n'accepte pas la politique de droite du PS.
Bien entendu nous semblons loin de Buisson et de son dictaphone. En fait non.
Car qu'un homme qui ne se réclame même pas de la République mais des Camelots du Roi*, que ses parents ont amené manifester contre l'écrasement de la contre-révolution hongroise en 1956 (il a 7 ans à l’époque), qui fut un militant de l'OAS, qui fut directeur du journal fasciste Minute, de Valeurs actuelles, qui fut promu par Benoit XVI à l'ordre de Saint-Benoît-le-Grand... bref qu'un tel individu devienne le conseiller en chef d'un président de la République, démontre plus que les discours combien la fascisation des classes dirigeantes est une réalité.
AM
* bande monarcho-fasciste violente dissoute par le Front Populaire