Grève générale à Mayotte, qui montre le chemin
Publié le 14 Avril 2016
L’île de Mayotte, située dans l’océan Indien, à 8 000 kilomètres de la métropole connaît depuis le 30 mars par une grève générale lancée par l' intersyndicale (CGT, FSU, UD FO, l’UIR CFDT, SAEM, SNUipp et Solidaires) .
Les principaux axes routiers sont bloqués chaque jour par des barrages Des manifestations ont rassemblé plusieurs milliers de personnes, mobilisation très importante, l'île comptant 220.000 habitants.
Ainsi les grévistes bloquent les profits : le MEDEF local hurle et les médias-chiens de garde se taisent.
La situation à Mayotte.
Le chômage touche 19 % de la population active et 61 % des 15-24 ans, et plus de 27,6 % des habitants vivent sous le seuil de pauvreté. L’indice de développement humain, indicateurs de richesse, d’éducation et de santé, place Mayotte à la 107e position alors que la France est 20e.
Le mouvement réclame l’« égalité réelle » entre Mayotte et la métropole. L’île a choisi en 1976 de rester française elle est devenue le 101e département en 2011. Toutefois, elle ne jouit pas des mêmes droits que les autres territoires français :
- Aujourd’hui, le code du travail qui s’applique à Mayotte n’intègre qu’environ 25 % de la législation française. Ainsi, la durée hebdomadaire du travail à Mayotte est toujours de 39 heures (contre 35 heures dans l’Hexagone).
- Les allocations familiales, logement ou retraite ont des montants bien inférieurs. Ainsi, le RSA que reçoivent les Mahorais ne représente que 50 % du montant versé dans l’Hexagone (268,08 euros par mois contre 524,68 euros dans l’Hexagone).
-Le manque de routes, de production d’énergie ou d’établissements sanitaires et scolaires....sont patents. Les grévistes réclament d’urgence la construction d’écoles, ainsi que des mesures contre l’insécurité. Ils sont les premiers à dénoncer les dérapages violents qui se sont produits depuis lundi.
Le PRCF exprime sa solidarité totale avec la lutte de Mayotte qui démontre que ce n'est qu'en bloquant les profits capitalistes que l'on crée un rapport de force permettant d'envisager un victoire du mouvement populaire.
Comme l'a dit intersyndicale "La pression doit être maintenue, la grève continue et les actions seront amplifiées".
PRCF, 14 avril 2016.