"Goulag" : une exposition anticommuniste au Musée de la Résistance de Grenoble
Publié le 26 Novembre 2018
Grenoble : exposition anticommuniste au Musée de la Résistance

Hélas accompagné par le silence des organisations progressistes et cela malgré notre appel à réagir, le musée qui se réclame de la Résistance et qui fonctionne avec l'argent public propose une expo anti-communiste et anti-soviétique d'une étonnante vulgarité (nos lecteurs et lectrices trouveront après ce communiqué la lettre adressée par le PRCF au Musée de la Résistance)
Non sans rappeler les expos des années sombres, le déchaînement anti-communiste et anti-soviétique de Mémorial, officine de subversion impérialiste financé par une fondation étasunienne, la National Endowment for Democracy (NED), vitrine légale de la CIA.
Comme pendant la guerre froide, les États-Unis mènent de vastes campagnes permanentes contre les progressistes, les patriotes et les communistes. Déformation des faits, mensonges goebbelsiens, films et séries baignés d'anti-communisme, associations pseudo-humanitaires, révisionnisme et négationnisme historiques, absence de toute contextualisation, ces basses œuvres propagandistes continuent encore à notre époque où, selon certains, Marx est mort.
On peut se demander, à constater la violence des bolsonariens et autres soraliens contre le communisme, si le diagnostic du décès de la pensée émancipatrice et révolutionnaire est juste. En général on ne tire pas sur les ambulances, encore moins sur les corbillards. Mais peut-être que la « grande peur » des possédants devant le drapeau rouge frappé de la faucille et du marteau continue-t-elle à cheminer chaque fois que les ouvriers, les paysans et les masses populaires se lèvent et luttent pour leur dignité, « le pain et les roses » selon la belle expression de Karl Marx.
Nous répétons ici que la légitime-défense des travailleurs et de leur gouvernement ouvrier et paysan fut légitime en Union Soviétique et que c'est la répression de la contre-révolution (et des criminels de droit commun, largement majoritaires au Goulag) qui permit aux peuples de l'URSS de résister à la guerre d'extermination menée par le fascisme et de vaincre, sauvant ainsi la civilisation de la barbarie hitlérienne.
Honte à ceux qui criminalisent le communisme réhabilitant ainsi le fascisme.
PRCF 38
26 novembre 2018
Pour une vision historique du Goulag :
Pôle de Renaissance Communiste en France – 38
Maison des associations,
6, rue Berthe de Boissieux, 38000 Grenoble
prcf38@gmail.com
Grenoble, le 9 novembre 2018
À l'attention de la direction du Musée de la Résistance de Grenoble
Madame, Monsieur,
Nous venons d'apprendre que la Musée de la Résistance organise une exposition sur le Goulag, en partenariat avec l' association Mémorial.
Le fascisme triomphe au Brésil. Un leader paysan, membre du Comité Central du Parti communiste du Venezuela, est assassiné par les tueurs des grands propriétaires terriens. L'UE est la complice de la mise en place de régimes fascisants en Hongrie, aux Pays Baltes, en Ukraine, en Pologne. Dans ce dernier pays le PC de Pologne est menacé d'interdiction et ses membres traînés devant les tribunaux. La criminalisation des communistes et du communisme bat son plein. À l'initiative de l'UE une « journée des victimes du fascisme et du communisme » a été instaurée. Le négationnisme historique tente de mettre les antifascistes et les fascistes sur un pied d'égalité : Staline = Hitler, l'Armée Rouge qui a libéré l'Europe de la peste brune = la Wehrmacht hitlérienne, etc.
C'est le moment choisi par le Musée de la Résistance pour proposer une exposition sur le Goulag. Et ceci en collaboration avec une association anti-communiste Mémorial, soutenue tous azimuts par l'impérialisme étasunien (une partie de son budget provient de subventions occidentales) et l'impérialisme européen (prix Sakharov). Le National Endowment for Democracy (NED, en français, Fondation nationale pour la démocratie) véritable bras armé de la CIA et de l'Exécutif étasunien, a arrosé de 5,2 millions de dollars les associations anti-communistes dont Mémorial en Russie.
Bref, inscrire cette exposition anti-soviétique et anti-communiste dans les activités du Musée de la Résistance est un véritable scandale moral et politique. Rappelons que les communistes furent, au sein des forces de la Résistance, la première, la plus efficace, la mieux organisée et la plus réprimée par les nazis. Le « Parti des fusillés » n'est pas une légende : 80 à 90 % des fusillés en France à l'issue d'une condamnation par un tribunal allemand ou une juridiction pétainiste étaient des communistes (Romain Ducoulombier, De Lénine à Castro, idées reçues sur un siècle de communisme).
Nous exigeons que cette exposition anticommuniste soit annulée. Décontextualiser, dés-historiser l'histoire de l'Union Soviétique, comme celle de la Révolution française d'ailleurs, avec du bricolage idéologique comme la notion de « totalitarisme », n'a même plus cours aux États-Unis où des historiens honnêtes ont balancé ces vieilleries anticommunistes dans la poubelle de l'histoire.
Pour beaucoup d'entre nous, filles ou fils de Résistants, il est inacceptable que notre Musée de la Résistance contribue à cracher sur la dignité et le combat antifasciste d'hier et d'aujourd'hui des communistes.
Dans l'attente de votre réponse.
Pour le PRCF 38,
Antoine Manessis,
fils de Résistant communiste grec (responsable de l'EAM-ELAS du Pirée, Grèce) et de Résistante (2e bureau FFI à Grenoble) et petit-fils de Résistant (Groupe Franc Vallier à Grenoble).